UMOA-Titres : les États lèvent 443,8 milliards FCFA dans un marché plus sélectif
Entre le 13 et le 16 janvier 2026, quatre États membres de l’UEMOA ont mobilisé 443,8 milliards de FCFA sur le marché régional des titres publics, à travers les adjudications organisées par UMOA-Titres. Face à un objectif initial de 426,3 milliards FCFA, les investisseurs ont soumis 490,7 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 115,1 %, confirmant la solidité de la demande dans un environnement financier plus exigeant.
Toutefois, le taux d’absorption global, limité à 90,4 %, traduit une sélectivité accrue des émetteurs, soucieux de maîtriser le coût de leur endettement dans un contexte de remontée des taux et de différenciation croissante du risque souverain.
Sénégal : une levée maîtrisée de 154 milliards FCFA
Le Sénégal a clôturé la séquence le 16 janvier avec une adjudication ciblée portant sur un BAT à 364 jours et des OAT de 3 et 5 ans, pour un montant recherché de 140 milliards FCFA. Les soumissions ont atteint 169,68 milliards FCFA, correspondant à un taux de couverture de 121,2 %.
L’État sénégalais a toutefois retenu 154 milliards FCFA, affichant un taux d’absorption de 90,76 %. Le court terme a concentré l’essentiel des volumes, avec 71,46 milliards FCFA levés sur le BAT 364 jours à un rendement moyen pondéré de 6,96 %. Les OAT 3 ans ont mobilisé 65,89 milliards FCFA à 7,28 %, tandis que les OAT 5 ans ont atteint 16,65 milliards FCFA à 7,69 %.
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Côte d’Ivoire : une gestion active de la dette à grande échelle
Le 15 janvier, la Côte d’Ivoire s’est distinguée par une opération combinée d’émission-rachat, illustrant une stratégie proactive de gestion de la dette publique. L’émission brute a atteint 236,3 milliards FCFA, intégralement souscrite, pour un montant net mobilisé de 229,99 milliards FCFA.
Répartie sur six lignes de maturité allant de 1 à 5 ans, l’opération a enregistré des rendements compris entre 6,51 % pour les BAT et 7,30 % pour les OAT 5 ans. En parallèle, l’État ivoirien a procédé au rachat de 239,14 milliards FCFA de titres arrivant à maturité à court terme, afin de lisser son profil d’échéances et optimiser le coût global du financement.
Burkina Faso : forte demande, sélection rigoureuse
Le Burkina Faso a enregistré le 14 janvier l’un des plus forts taux de couverture de la période, à 165,5 %, avec 57,91 milliards FCFA de soumissions pour un objectif de 35 milliards FCFA. L’État n’a toutefois retenu que 38,50 milliards FCFA, soit un taux d’absorption limité à 66,48 %, rejetant les offres jugées trop onéreuses.
Les levées ont principalement porté sur le BAT 364 jours (26,34 milliards FCFA à 7,39 %), complétées par des OAT 3 ans et 7 ans, respectivement à 7,28 % et 7,25 %.
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Guinée-Bissau : un retour remarqué sur le marché
La Guinée-Bissau a ouvert la semaine le 13 janvier avec sa première adjudication de l’année. Pour un objectif de 15 milliards FCFA, les investisseurs ont proposé 26,79 milliards FCFA, soit un taux de couverture record de 178,6 %.
L’État a cependant retenu l’intégralité de son objectif initial, limitant le taux d’absorption à 56 %. Les rendements observés, notamment 10,13 % sur l’OAT 3 ans, traduisent une prime de risque élevée, reflet de la perception souveraine du pays sur le marché régional.
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Une différenciation croissante des conditions de financement
L’analyse comparative des rendements met en évidence une segmentation accrue du marché des titres publics de l’UEMOA. Sur la maturité de référence à 3 ans, le Sénégal et le Burkina Faso se financent autour de 7,28 %, contre 10,13 % pour la Guinée-Bissau, soit un écart de près de 300 points de base.
Cette hiérarchie des taux confirme que, dans un contexte de liquidité encore abondante mais plus sélective, les investisseurs arbitrent davantage en fonction du risque budgétaire, macroéconomique et sécuritaire de chaque État.








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