Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a signé, le jeudi 22 octobre 2026 à Abidjan, l’acte additionnel relatif au Pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette signature intervient dans un contexte marqué par les enjeux de maîtrise des déficits publics, de soutenabilité de la dette et de préservation de la stabilité macroéconomique au sein des huit États membres.
L’acte a été signé à l’occasion d’une audience accordée par le chef de l’État ivoirien à Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’UEMOA, à la Résidence du président de la République. Le ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, ainsi que le représentant résident de la Commission de l’UEMOA à Abidjan, Gustave Diasso, ont également pris part à la rencontre.
Renforcer la surveillance des politiques économiques
Selon Abdoulaye Diop, cette audience s’inscrit dans le cadre des consultations régulières avec Alassane Ouattara, qui assure la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union. Les échanges ont notamment porté sur la situation économique de l’espace communautaire et sur les orientations relatives aux dossiers régionaux et institutionnels.
Le Pacte de convergence constitue un instrument de coordination des politiques économiques des États membres. Il vise à rapprocher leurs performances macroéconomiques, à renforcer la discipline budgétaire et à préserver les conditions nécessaires à la stabilité de l’Union monétaire.
Son dispositif de surveillance multilatérale repose sur des critères chiffrés permettant d’évaluer les politiques économiques nationales et de détecter les déséquilibres susceptibles de fragiliser l’ensemble de la zone.
Ces indicateurs concernent notamment le solde budgétaire, l’évolution des prix, le niveau d’endettement public et l’absence d’accumulation d’arriérés de paiement intérieurs ou extérieurs. Leur suivi doit favoriser une meilleure coordination des décisions économiques et une gestion plus soutenable des finances publiques.
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Déficits publics et dette : des enjeux majeurs pour l’Union
Le renforcement du cadre de convergence intervient alors que plusieurs économies de la région sont confrontées à des besoins importants de financement et à des contraintes budgétaires. La maîtrise des déficits et de la dette publique constitue ainsi un enjeu central pour préserver la stabilité macroéconomique de l’UEMOA.
Un cadre budgétaire crédible doit permettre aux États membres de concilier le financement des investissements publics, les dépenses sociales et le respect de leurs engagements financiers. Il contribue également à renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires techniques et financiers.
Dans une union monétaire, les déséquilibres budgétaires nationaux peuvent en effet avoir des répercussions sur la stabilité financière régionale. La surveillance multilatérale vise donc à prévenir ces risques en favorisant une meilleure cohérence entre les politiques économiques nationales.
Le renforcement de la convergence s’inscrit par ailleurs dans les réflexions régionales sur l’intégration monétaire, notamment autour du projet de monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Eco. Ce projet reste distinct du cadre institutionnel propre à l’UEMOA.
Une croissance régionale supérieure à 6 %
La signature intervient également dans un contexte de performances économiques que la Commission de l’UEMOA met en avant auprès de ses partenaires internationaux.
Lors des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, organisées du 12 au 18 octobre 2026 à Bangkok, les responsables de la Commission ont présenté les résultats macroéconomiques de l’Union.
Selon Abdoulaye Diop, les partenaires techniques et financiers ont salué le dynamisme et la résilience de l’espace communautaire, dont la croissance économique dépasse 6 % depuis plusieurs années.
Le président de la Commission a également souligné la contribution de la Côte d’Ivoire, première économie de l’UEMOA, à ces performances. Il a évoqué l’intérêt de partager les innovations développées par le pays dans le domaine financier avec les autres États membres.
La mise en œuvre, prochain enjeu du Pacte
La signature de l’acte additionnel constitue une étape dans le renforcement du cadre de coordination économique de l’UEMOA. L’efficacité du dispositif dépendra toutefois de son application effective, du suivi des critères de convergence et de la capacité des États à corriger les déséquilibres constatés.
Pour les économies de l’Union, l’enjeu est de maintenir une croissance soutenue tout en préservant la viabilité des finances publiques. La coordination des politiques budgétaires devra ainsi contribuer à concilier stabilité monétaire, financement du développement et solidarité entre les États membres.







