Guinée : le Royaume-Uni porte son ambition d’investissement à 2,7 milliards de livres sterling
Le Royaume-Uni renforce son ambition d’investissement en Guinée, avec une enveloppe annoncée de 2,7 milliards de livres sterling, contre 1,8 milliard auparavant. L’annonce a été faite à l’occasion de la clôture, le 21 octobre 2026 à Conakry, de la cinquième édition du Forum du commerce et de l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre (WCAF 5). Les discussions ont également été marquées par la signature d’un accord-cadre stratégique entre la Banque africaine de développement (BAD) et UK Export Finance. L’enjeu est désormais de transformer ces ambitions en projets financés, en infrastructures opérationnelles et en emplois.
WCAF 5 : des engagements économiques à concrétiser
La cinquième édition du WCAF s’est achevée à Conakry sur un appel à accélérer la concrétisation des engagements économiques entre le Royaume-Uni et les pays d’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre. Organisé autour du commerce, de l’investissement et des partenariats économiques, le forum a enregistré une participation record, selon les autorités guinéennes.
Lors de la cérémonie de clôture, Ben Colman, envoyé commercial du gouvernement britannique pour l’Afrique de l’Ouest francophone, a présenté les résultats de projets soutenus par le Royaume-Uni en Guinée, au Bénin et en Guinée-Bissau.
D’après son intervention, le portefeuille de projets sécurisés depuis les précédentes rencontres représente une valeur contractuelle cumulée d’environ 1,14 milliard de livres sterling, soit plus de 1,5 milliard de dollars.
Ces projets concernent notamment l’énergie, l’accès à l’eau, l’éducation, les transports et les infrastructures publiques. Ils illustrent les secteurs dans lesquels les partenariats internationaux peuvent contribuer au développement des capacités productives, à l’amélioration des services essentiels et au renforcement des activités économiques.
Pour les participants, la prochaine étape consiste à assurer le suivi des projets identifiés, à clarifier les responsabilités des partenaires et à accélérer les procédures nécessaires à leur réalisation.
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La Guinée relève son ambition d’investissement britannique
L’annonce majeure du forum concerne l’augmentation de l’ambition d’investissement britannique en Guinée, portée de 1,8 milliard à 2,7 milliards de livres sterling, selon le ministre guinéen du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé.
Cette progression de 900 millions de livres sterling représente une hausse de 50 % par rapport au montant précédemment évoqué. Elle traduit la volonté affichée de renforcer les relations économiques entre Conakry et Londres et de soutenir les perspectives de transformation de l’économie guinéenne.
Le montant annoncé doit toutefois être interprété avec précision : il s’agit d’une ambition d’investissement, et non nécessairement de financements déjà décaissés ou de contrats intégralement signés. Les modalités de mobilisation des ressources, le calendrier des projets et leur niveau d’engagement effectif seront déterminants pour mesurer les retombées économiques de cette annonce.
Pour les autorités guinéennes, l’objectif est de faire des partenariats internationaux un levier de diversification économique, de développement des entreprises et de création de valeur ajoutée sur le territoire national.
Le programme national de transformation évoqué lors du discours, sous l’appellation « Synergie 2024 » dans la transcription disponible, doit faire l’objet d’une vérification quant à son intitulé officiel avant toute référence plus précise à son articulation avec les investissements annoncés.
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BAD et UK Export Finance : un accord pour faciliter les investissements
Autre fait marquant de la clôture du WCAF 5 : la signature d’un accord-cadre stratégique entre la Banque africaine de développement et UK Export Finance, l’organisme britannique de financement des exportations.
Cette initiative vise à rapprocher les instruments de financement britanniques des priorités de développement africaines. Elle ouvre des perspectives de coopération autour de projets susceptibles de mobiliser des entreprises, des financements et des expertises techniques.
Pour les économies de la région, l’accès à des mécanismes de financement adaptés constitue un enjeu majeur, notamment pour les infrastructures énergétiques, les réseaux de transport et les équipements publics. La concrétisation de projets de cette nature nécessite souvent une coordination entre les pouvoirs publics, les institutions financières, les entreprises et les partenaires au développement.
L’accord annoncé pourrait contribuer à cette dynamique. Son impact dépendra toutefois des projets effectivement retenus, des conditions de financement et des modalités opérationnelles qui seront mises en place. Les informations communiquées lors de la clôture ne permettent pas, à elles seules, de déterminer le montant des financements associés à cet accord.
Des projets bancables pour attirer les capitaux
Au-delà des annonces financières, le ministre Ismaël Nabé a insisté sur la nécessité de renforcer la préparation des projets. Pour attirer les investisseurs et sécuriser les financements, les initiatives doivent disposer d’études techniques solides, de modèles économiques viables et de cadres juridiques et institutionnels adaptés.
Cette préparation est essentielle pour réduire les risques liés à l’exécution et améliorer la capacité des projets à générer les revenus et les bénéfices économiques attendus.
Un projet annoncé ne devient pas automatiquement un investissement financé. De même, l’obtention d’un financement ne garantit pas, à elle seule, la livraison d’une infrastructure performante ou la création durable d’emplois.
La bancabilité des projets constitue donc un maillon central entre les ambitions politiques et les réalisations économiques. Elle doit permettre de mieux articuler les priorités nationales, les besoins des entreprises et les capacités des partenaires financiers.
Les discussions du WCAF 5 ont notamment porté sur la préparation des projets, les partenariats public-privé, la diversification économique et les possibilités de coopération entre entreprises britanniques et africaines.
Infrastructures, compétences et transformation locale au cœur des priorités
La stratégie défendue par les autorités guinéennes vise à dépasser une approche centrée uniquement sur l’exploitation des ressources naturelles. L’ambition consiste à renforcer les capacités industrielles et productives du pays, tout en favorisant le développement des compétences et le transfert de technologies.
Les secteurs de la finance, de l’ingénierie, de l’énergie, des infrastructures et des services figurent parmi les domaines dans lesquels des partenariats renforcés pourraient soutenir cette transformation.
Pour maximiser les retombées des investissements étrangers, plusieurs conditions seront déterminantes : la participation des entreprises locales, la formation de la main-d’œuvre, l’accès des fournisseurs nationaux aux marchés et la création de chaînes de valeur sur le territoire guinéen.
L’objectif est que les investissements contribuent non seulement à financer des équipements, mais aussi à renforcer durablement les capacités économiques du pays.
L’intégration régionale, un levier pour élargir les débouchés
Le ministre guinéen a également défendu une approche régionale des investissements. Les corridors économiques doivent, selon cette vision, relier les zones de production, les ports, les bassins industriels et les marchés afin de fluidifier les échanges et de renforcer les chaînes d’approvisionnement.
Une meilleure intégration régionale pourrait permettre aux entreprises de bénéficier de marchés plus vastes, d’améliorer leurs débouchés commerciaux et de répartir les coûts des infrastructures entre plusieurs économies.
Cette dimension est particulièrement importante pour les projets de transport et de logistique, dont la rentabilité dépend souvent du volume des échanges et de la continuité des liaisons entre les territoires.
Le rapprochement entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone pourrait ainsi contribuer à soutenir des projets dépassant les frontières nationales, sous réserve de la coordination entre les États et de la mobilisation effective des financements.
Trois priorités pour transformer les annonces en résultats
À la clôture du forum, Ismaël Nabé a mis en avant trois axes pour prolonger la dynamique engagée.
Le premier consiste à convertir les échanges en projets concrets grâce à un suivi rigoureux des opportunités identifiées et à une accélération de leur préparation.
Le deuxième vise à renforcer les capacités locales par le transfert de technologies, le développement des compétences et le soutien au secteur privé.
Le troisième consiste à inscrire les investissements dans une logique régionale, en développant les corridors économiques, les chaînes de valeur et les complémentarités entre les économies.
Ces priorités traduisent une volonté de mesurer les partenariats à leurs résultats tangibles plutôt qu’au seul nombre d’annonces ou de rencontres organisées.
Le ministre a ainsi appelé les participants à poursuivre le travail engagé au-delà du forum, estimant que la responsabilité des partenaires commence dès la fin des échanges.
Des annonces aux investissements effectifs : le véritable test du WCAF 5
Avec une ambition d’investissement britannique portée à 2,7 milliards de livres sterling et un nouvel accord-cadre entre la BAD et UK Export Finance, la clôture du WCAF 5 ouvre de nouvelles perspectives pour la coopération économique entre la Guinée, le Royaume-Uni et l’Afrique francophone.
Toutefois, l’impact de ces annonces dépendra de leur traduction en projets opérationnels, de la sécurisation des financements et de la capacité des investissements à produire des retombées économiques et sociales mesurables.
Les prochaines étapes seront donc essentielles : identifier les projets prioritaires, préciser les mécanismes de financement, renforcer les compétences nationales et garantir un suivi régulier de l’exécution.
Pour la Guinée, le défi est désormais de convertir l’ambition financière affichée en infrastructures utiles, en entreprises plus compétitives et en emplois durables. C’est à l’aune de ces résultats que pourra être évaluée la portée économique du WCAF 5 et du partenariat renforcé avec le Royaume-Uni.







