La 11e revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’UEMOA met en évidence un ralentissement généralisé de la mise en œuvre des engagements communautaires en 2025. Malgré une extension du nombre de réformes évaluées, passé de 132 à 145, aucun des huit États membres n’a amélioré son taux de mise en œuvre par rapport à 2024.
Le Burkina Faso conserve néanmoins la première place avec un taux de 88,7 %, devant la Côte d’Ivoire (85 %) et le Sénégal (76,45 %). À l’autre extrémité du classement, la Guinée-Bissau ferme la marche avec 48,17 %. Le Bénin et le Togo enregistrent, quant à eux, les reculs les plus importants.
Burkina Faso : une première place confortée
Avec un taux de mise en œuvre de 88,7 %, le Burkina Faso demeure le pays le plus performant de l’UEMOA en matière d’application des réformes, politiques, programmes et projets communautaires.
Le pays n’enregistre qu’un léger recul de 0,29 point par rapport à 2024. La Commission de l’UEMOA qualifie ainsi sa performance de « très satisfaisante ».
Certains volets affichent même des niveaux de mise en œuvre supérieurs à 95 %, voire proches de 96 %, notamment dans les domaines liés à la gouvernance économique et à la convergence.
Cette relative stabilité permet au Burkina Faso de conserver son leadership malgré le contexte régional marqué par des contraintes budgétaires, sécuritaires et institutionnelles.
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Côte d’Ivoire et Sénégal dans le trio de tête
La Côte d’Ivoire conserve la deuxième position avec un taux de 85 %, malgré une baisse de 2,78 points par rapport à l’année précédente.
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Le Sénégal complète le podium avec 76,45 %, soit un recul de 2,14 points.
Pour Dakar, les difficultés relevées concernent notamment le suivi des programmes et projets communautaires ainsi que la transmission de certaines pièces justificatives nécessaires à l’évaluation.
Malgré ces insuffisances, les deux économies restent parmi les États membres affichant les meilleurs niveaux d’application des engagements communautaires.
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Togo et Bénin : les plus forts décrochages
Le classement 2025 est surtout marqué par le recul du Togo et du Bénin.
Le taux de mise en œuvre du Togo s’établit à 68,7 %, en baisse de 9,19 points sur un an. La Commission de l’UEMOA relève notamment des retards dans la transposition de certaines directives communautaires, notamment dans le domaine de la lutte contre le blanchiment de capitaux. Le ralentissement concerne également plusieurs secteurs, parmi lesquels l’agriculture, la culture et l’artisanat.
Le Bénin connaît la plus forte baisse de l’ensemble de l’Union. Son taux de mise en œuvre passe de 75,47 % en 2024 à 63,1 % en 2025, soit une chute de 12,37 points.
Cette évolution fait passer le pays d’un niveau supérieur à 75 % à un taux nettement inférieur à ce seuil.
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Guinée-Bissau : seule sous la barre des 50 %
Avec 48,17 %, la Guinée-Bissau reste le dernier pays du classement et le seul État membre dont le taux de mise en œuvre est inférieur à 50 %.
Le pays accuse un recul de 3,8 points par rapport à 2024. Les principales difficultés concernent plusieurs piliers de l’intégration communautaire, notamment la gouvernance économique, la convergence macroéconomique, le marché commun et les réformes sectorielles.
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L’écart avec le Burkina Faso atteint ainsi plus de 40 points, illustrant les différences importantes qui subsistent entre les États membres dans l’application des engagements communautaires.
2025 : aucun pays n’améliore sa performance
L’un des principaux enseignements de cette 11e revue est le recul généralisé des performances.
Les huit États membres enregistrent une baisse de leur taux de mise en œuvre par rapport à 2024. Le phénomène doit toutefois être analysé en tenant compte de l’élargissement du périmètre de l’évaluation : le nombre de réformes examinées est passé de 132 à 145.
Cette évolution peut mécaniquement rendre la comparaison plus exigeante. Elle ne suffit cependant pas à expliquer les baisses importantes enregistrées par certains pays.
Le Bénin (-12,37 points) et le Togo (-9,19 points) affichent les reculs les plus prononcés, devant le Mali (-4,54 points). À l’inverse, la variation enregistrée par le Burkina Faso, limitée à -0,29 point, témoigne d’une performance particulièrement stable.
Un baromètre devenu stratégique pour l’intégration régionale
Instituée par l’Acte additionnel n°05/2013/CCEG/UEMOA du 24 octobre 2013, la revue annuelle constitue désormais un instrument important de suivi des engagements pris par les États membres. Elle couvre notamment la gouvernance économique et la convergence, le marché commun, ainsi que différentes réformes sectorielles.
Son importance dépasse donc la seule question de la conformité réglementaire. Dans un espace communautaire confronté à des contraintes budgétaires, aux défis sécuritaires, aux mutations géopolitiques et aux impératifs de transformation économique, l’application effective des règles communes conditionne directement la capacité de l’UEMOA à approfondir son intégration.
La revue 2025 met précisément en lumière cette difficulté : disposer d’un cadre communautaire commun ne garantit pas une application homogène dans les huit États membres.
Un recul généralisé qui interpelle l’UEMOA
Au-delà du classement, la principale préoccupation demeure le recul simultané des performances nationales.
Cinq États membres restent toutefois au-dessus du seuil de 75 %, tandis que trois se situent désormais en dessous. Cette situation souligne l’importance d’un meilleur accompagnement des administrations nationales dans la mise en œuvre des réformes communautaires.
Pour réduire les écarts entre les pays, plusieurs leviers apparaissent essentiels : amélioration de la coordination administrative, suivi plus rigoureux des directives, disponibilité des pièces justificatives et accélération de l’exécution des programmes et projets communautaires.
La performance du Burkina Faso montre qu’un niveau élevé de mise en œuvre reste possible malgré un environnement régional complexe. À l’inverse, les reculs du Bénin et du Togo soulignent les difficultés auxquelles certains États sont confrontés pour transformer les décisions communautaires en mesures effectivement appliquées.
L’enjeu : passer des engagements aux résultats
La revue 2025 livre finalement un constat à deux dimensions. D’un côté, l’UEMOA dispose d’un cadre institutionnel de plus en plus structuré pour suivre l’application de ses politiques communes. De l’autre, les écarts de performance entre États restent importants.
Le défi pour l’Union sera donc moins de multiplier les engagements que de renforcer leur appropriation, leur suivi et leur mise en œuvre effective. La capacité des États à appliquer les réformes communes déterminera, à terme, la profondeur réelle de l’intégration économique et la crédibilité du marché régional.







