Sénégal : la nouvelle Direction générale des Financements et de la Dette renforce la gestion des emprunts publics
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa gestion financière avec la création de la Direction générale des Financements et de la Dette (DGFD). Instituée par le décret n°2026-1176, cette nouvelle structure rattachée au ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a pour mission de centraliser la gestion des financements publics et de la dette de l’État.
Une réforme alignée sur les exigences de l’UEMOA
La création de la DGFD s’inscrit dans la volonté des autorités sénégalaises d’harmoniser leur dispositif institutionnel avec les normes communautaires de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le règlement n°09/2007/CM/UEMOA recommande en effet la désignation d’une autorité unique chargée de la gestion des emprunts publics et des garanties de l’État.
Jusqu’à présent, la gestion des financements publics était répartie entre plusieurs services administratifs, ce qui pouvait entraîner une dispersion des informations et des responsabilités. La nouvelle direction générale vise à remédier à cette situation en renforçant la coordination et la transparence.
Une réponse aux recommandations sur les finances publiques
Cette réforme intervient également à la suite des conclusions du rapport sur la situation des finances publiques couvrant la période 2019-2024, dont les constats ont été validés par la Cour des Comptes.
Le gouvernement entend ainsi améliorer le suivi des engagements financiers de l’État et renforcer la qualité de la gouvernance budgétaire dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ».
Une structure chargée de piloter la dette publique
La Direction générale des Financements et de la Dette sera responsable de l’élaboration et du suivi de la stratégie nationale de gestion de la dette publique.
Ses principales missions incluent :
- la coordination de la politique nationale d’endettement ;
- l’organisation des émissions de titres sur les marchés financiers régionaux et internationaux ;
- la gestion des relations avec les investisseurs et les agences de notation ;
- la négociation des emprunts intérieurs et extérieurs ;
- le suivi de la dette des entreprises publiques, établissements publics et collectivités territoriales ;
- l’évaluation des risques financiers liés à la dette ;
- l’identification de nouvelles sources de financement.
Le décret précise que la DGFD devient l’unique entité habilitée à négocier les contrats de financement avant leur approbation par le ministre chargé des Finances.
Lire aussi : Dette du Sénégal : le risque caché qui pourrait peser sur le budget
Une base de données centralisée pour plus de transparence
L’une des innovations majeures de cette réforme est la création d’une base de données unique consacrée à la dette publique. La DGFD sera chargée d’en assurer l’exhaustivité, la fiabilité et l’intégrité afin de garantir une meilleure traçabilité des engagements financiers de l’État.
Cette centralisation devrait permettre aux autorités de disposer d’informations plus précises pour orienter leurs décisions budgétaires et améliorer la communication avec les partenaires financiers.
Plusieurs directions spécialisées
Pour mener à bien ses missions, la DGFD s’appuiera sur plusieurs directions techniques spécialisées :
- la Direction des Marchés de Capitaux ;
- la Direction des Financements bilatéraux et multilatéraux ;
- la Direction des Financements structurés et des Crédits à l’Export ;
- la Direction de Gestion de la Dette et des Risques ;
- la Direction du Suivi des Financements.
La Direction des Marchés de Capitaux jouera notamment un rôle clé dans la préparation des émissions de titres publics, le suivi des conditions de financement sur les marchés et la gestion des risques liés aux taux d’intérêt et aux fluctuations des devises.
Un levier pour renforcer la crédibilité financière du Sénégal
Avec la mise en place de la Direction générale des Financements et de la Dette, le Sénégal se dote d’un outil stratégique destiné à améliorer la gestion de ses ressources financières, renforcer la transparence budgétaire et optimiser le recours aux marchés financiers.
Cette réforme constitue également un élément important pour soutenir les ambitions de développement du pays dans le cadre de Sénégal 2050, tout en consolidant la confiance des investisseurs et des partenaires techniques et financiers.







