Burkina Faso : le gouvernement fixe le cap d’une croissance à deux chiffres dès 2030
Le Burkina Faso affiche une ambition économique majeure pour la prochaine décennie. À travers son Plan national de développement (PND) 2026-2030, le gouvernement entend créer les conditions d’une croissance économique à deux chiffres à partir de 2030, en s’appuyant sur une transformation structurelle de l’économie et des investissements massifs dans les secteurs productifs.
Publié en janvier 2026, ce document stratégique constitue la nouvelle feuille de route du pays pour accélérer la création de richesses, renforcer la souveraineté économique et stimuler l’emploi. D’un coût global estimé à 36 190,7 milliards FCFA, le programme prévoit des investissements annuels moyens de plus de 7 238 milliards FCFA.
Une croissance moyenne de 7,2 % attendue entre 2026 et 2030
Avant d’atteindre l’objectif d’une croissance à deux chiffres, le Burkina Faso table sur une nette accélération de son activité économique durant la période 2026-2030.
Le Produit intérieur brut (PIB) devrait ainsi progresser à un rythme moyen de 7,2 % par an, contre 4,6 % enregistrés sur les cinq années précédentes. Cette performance reposerait sur la mise en œuvre de politiques volontaristes dans les secteurs clés de l’économie, notamment l’agriculture, l’industrie, les mines, les infrastructures et les services.
Selon les projections du PND, cette dynamique devrait permettre d’améliorer durablement la résilience économique du pays tout en favorisant une croissance plus inclusive.
Agriculture et élevage au cœur de la stratégie de croissance
Le secteur primaire demeure l’un des principaux moteurs de la transformation économique envisagée par les autorités.
Sa valeur ajoutée devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 7,2 %, soutenue principalement par les performances attendues de l’agriculture et de l’élevage.
Le gouvernement compte notamment poursuivre l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire ainsi que l’Offensive agropastorale et halieutique.
Plusieurs actions structurantes sont prévues :
- le renforcement de la mécanisation agricole ;
- l’amélioration de l’accès aux intrants ;
- le développement des agropoles ;
- l’extension des périmètres irrigués ;
- l’aménagement de bas-fonds agricoles ;
- l’amélioration de l’accès aux financements et aux marchés.
Dans le domaine de l’élevage, les efforts porteront notamment sur la lutte contre les maladies animales, la création d’unités de production de vaccins, le développement des infrastructures de transformation des produits animaux ainsi que la promotion de la pêche et de l’aquaculture.
Les mines, l’industrie et les infrastructures comme accélérateurs du secteur secondaire
Le secteur secondaire devrait afficher la progression la plus importante avec une croissance moyenne annuelle estimée à 9,3 %.
Cette évolution sera largement portée par le dynamisme du secteur minier, notamment l’exploitation industrielle, semi-mécanisée et artisanale de l’or, qui demeure l’un des piliers de l’économie burkinabè.
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Le gouvernement mise également sur :
- l’accélération des projets routiers ;
- le développement des infrastructures sociales ;
- le renforcement des infrastructures énergétiques ;
- la transformation locale des matières premières.
L’objectif affiché est de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national en réduisant progressivement la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
Cette stratégie vise également à favoriser l’émergence d’une véritable économie minière intégrée au tissu productif national.
Les services appelés à soutenir la diversification économique
Le secteur tertiaire devrait pour sa part enregistrer une croissance moyenne annuelle de 5 % entre 2026 et 2030.
Cette progression sera alimentée par plusieurs branches d’activité :
- les services financiers ;
- les transports ;
- les télécommunications ;
- le commerce ;
- le tourisme ;
- l’hôtellerie et la restauration.
Les autorités prévoient notamment d’investir dans les infrastructures commerciales, les réseaux de communication et l’économie numérique tout en améliorant la qualité des services de transport routier, ferroviaire et aérien.
Le développement de la certification et de la normalisation des produits locaux devrait également renforcer la compétitivité des entreprises burkinabè sur les marchés nationaux et internationaux.
L’investissement et la consommation comme piliers de la croissance
Selon les projections du PND, la croissance économique sera principalement soutenue par l’investissement et la consommation finale.
Les investissements devraient progresser de 5,3 % tandis que la consommation finale enregistrerait une hausse de 9 % sur la période.
Le taux d’investissement moyen est attendu à 24 % du PIB entre 2026 et 2030, grâce à la concrétisation de nombreux projets structurants dans les secteurs productifs et les infrastructures de soutien à l’économie.
Cette dynamique devrait contribuer à renforcer les capacités de production nationale et à stimuler l’industrialisation du pays.
Un pari sur la transformation structurelle de l’économie
Au-delà des chiffres, le Plan national de développement 2026-2030 traduit la volonté des autorités burkinabè d’engager une transformation profonde du modèle économique national.
L’ambition repose sur trois leviers majeurs : l’augmentation de la production intérieure, l’accélération de la transformation industrielle des matières premières locales et la modernisation des infrastructures économiques.
En misant simultanément sur l’agriculture, l’élevage, les mines, l’industrie, le commerce et les services, le Burkina Faso espère créer les conditions nécessaires pour franchir un nouveau palier de développement et atteindre, à partir de 2030, le cap symbolique d’une croissance économique à deux chiffres.







