Classement des ports africains 2025 : Dakar reste leader en Afrique de l’Ouest, San Pedro entre dans le Top 10 continental
Le rapport 2025 du Container Port Performance Index (CPPI), publié par World Bank et S&P Global Market Intelligence, met en lumière les performances contrastées des ports africains dans un environnement mondial marqué par les perturbations des chaînes logistiques, les tensions géopolitiques et la congestion du transport maritime.
L’étude, qui évalue la performance des ports à conteneurs en fonction du temps d’escale des navires, révèle à la fois les faiblesses structurelles du continent et les progrès remarquables réalisés par plusieurs plateformes portuaires africaines.
Tanger Med confirme son statut de champion africain
Port de Tanger Med conserve sa position de leader incontesté du continent en se classant au 6e rang mondial. Le hub marocain demeure la référence africaine grâce à son efficacité opérationnelle, sa connectivité internationale et ses infrastructures de dernière génération.
Derrière Tanger Med, Port-Saïd occupe la deuxième place africaine et la 15e place mondiale, confirmant la montée en puissance du système portuaire égyptien.
L’Égypte place d’ailleurs quatre ports parmi les dix meilleurs du continent avec Port-Saïd, Damiette, El Sokhna et El Dekheila, illustrant l’importance stratégique accordée par Le Caire à ses infrastructures maritimes.
Dakar demeure le port le plus performant d’Afrique de l’Ouest
En Afrique de l’Ouest, Port autonome de Dakar conserve son leadership régional en occupant la 144e place mondiale.
Cette performance repose notamment sur les investissements réalisés ces dernières années pour renforcer les capacités logistiques du port et consolider son rôle de plateforme d’échanges pour le Sénégal et les pays de l’hinterland, notamment le Mali.
Le port sénégalais continue ainsi de s’imposer comme la principale porte d’entrée maritime de la sous-région.
San Pedro signe l’une des plus fortes progressions africaines
La véritable surprise du classement 2025 provient de la Côte d’Ivoire.
Port de San Pedro réalise une progression spectaculaire en intégrant le Top 10 africain à la neuvième place.
Cette avancée lui permet de devenir le deuxième port le plus performant d’Afrique de l’Ouest derrière Dakar.
Cette amélioration reflète les efforts entrepris pour moderniser les infrastructures, fluidifier les procédures administratives et réduire les temps d’attente des navires.
Le Nigeria maintient plusieurs ports parmi les mieux classés
Le Nigeria conserve une présence importante dans le classement régional grâce à plusieurs plateformes stratégiques.
Le complexe portuaire d’Onne se positionne parmi les ports les plus performants d’Afrique de l’Ouest, tandis que Tin Can Island et Lagos demeurent des infrastructures majeures pour le commerce maritime régional.
D’autres ports tels que :
- Port de Nouakchott ;
- Port de Cotonou ;
- Port de Freetown ;
- Port de Banjul ;
- Port autonome de Lomé ;
figurent également parmi les plateformes les mieux positionnées de la sous-région.
Lire aussi : Mauritanie et Maroc main dans la main pour moderniser le Port de l’Amitié de Nouakchott
Abidjan recule sous l’effet des perturbations mondiales
À l’inverse, Port autonome d’Abidjan enregistre un recul notable dans le classement.
Malgré un volume d’activité élevé, la plateforme ivoirienne n’occupe que le 381e rang mondial, derrière plusieurs ports ouest-africains ayant amélioré leur productivité.
La Banque mondiale a retenu Abidjan parmi les études de cas illustrant l’impact des perturbations du commerce maritime mondial sur les performances portuaires.
Selon le rapport, l’augmentation des temps d’attente au mouillage a pesé sur les performances du port. Cette situation découle notamment des perturbations observées sur les routes maritimes internationales, en particulier les détournements de trafic autour du Cap de Bonne-Espérance provoqués par les tensions sécuritaires en mer Rouge.
Les ports africains face à un défi de compétitivité
Le CPPI 2025 rappelle que les ports africains restent confrontés à plusieurs défis structurels :
- insuffisance des infrastructures ;
- faiblesse des connexions routières et ferroviaires ;
- procédures administratives complexes ;
- faible concurrence entre plateformes portuaires ;
- dépendance élevée aux importations.
Ces contraintes continuent de limiter la compétitivité du continent face aux grands hubs asiatiques et du Moyen-Orient.
Toutefois, les progrès enregistrés par plusieurs ports, notamment Tanger Med, Port-Saïd, Dakar et San Pedro, démontrent que les investissements dans les infrastructures, la digitalisation des procédures et l’amélioration de la gouvernance portuaire peuvent produire des résultats significatifs.
Dans un contexte de croissance du commerce intra-africain porté par la Zone de libre-échange continentale africaine, la modernisation des ports apparaît plus que jamais comme un levier stratégique pour renforcer l’intégration économique du continent et améliorer sa compétitivité dans les échanges mondiaux.







