UEMOA : l’inclusion financière poursuit sa progression en 2024 portée par la monnaie électronique
L’inclusion financière continue de gagner du terrain dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), mais à un rythme plus modéré. Selon le rapport annuel sur la situation de l’inclusion financière dans l’espace communautaire au titre de l’année 2024, publié par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), les populations adoptent de plus en plus les services financiers numériques, notamment la monnaie électronique.
L’analyse repose sur sept indicateurs répartis autour de trois dimensions majeures : l’accès aux services financiers, leur utilisation par les populations et leur qualité à travers l’accessibilité-prix.
Un recul des points physiques d’accès aux services financiers
Du côté de l’offre, les infrastructures physiques d’accès aux services financiers ont enregistré une légère baisse en 2024.
Le taux global de pénétration démographique des services financiers, qui mesure la proximité des points de services avec les populations, s’est établi à 193 points de services pour 10 000 adultes, contre 204 points en 2023, soit une baisse de 11 points.
Dans le même temps, le taux global de pénétration géographique a reculé de 480 à 470 points de services pour 1 000 km².
Cette évolution s’explique principalement par la fermeture de plusieurs points de services considérés comme inactifs par les établissements de monnaie électronique, notamment dans les réseaux de distribution. Cette rationalisation traduit une réorganisation des réseaux physiques au profit de modèles plus efficaces.
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Une utilisation des services financiers globalement stable
Sur le volet de l’utilisation, la situation demeure relativement stable.
Le taux de bancarisation strict (TBS), qui mesure la proportion de la population adulte disposant d’un compte auprès des banques, services postaux, caisses d’épargne ou du Trésor, est passé de 25,6 % en 2023 à 25,2 % en 2024.
Le taux de bancarisation élargi (TBE), intégrant également les institutions de microfinance, s’est établi à 47,4 % contre 47,8 % un an plus tôt.
Ces chiffres montrent une relative stabilité de l’accès aux services financiers classiques, tandis que les usages numériques continuent de transformer progressivement les habitudes financières dans la région.
La monnaie électronique, principal moteur de l’inclusion financière
La dynamique de l’inclusion financière dans l’UEMOA repose désormais largement sur l’essor des solutions digitales.
Le taux global d’utilisation des services financiers (TGUSF), qui prend en compte la bancarisation élargie ainsi que l’usage de la monnaie électronique, confirme l’importance croissante des services financiers numériques dans les comportements des populations.
Les plateformes de paiement mobile et les services financiers numériques permettent notamment de toucher des populations éloignées des circuits bancaires traditionnels, en particulier dans les zones rurales.
Un enjeu toujours stratégique pour les économies de l’UEMOA
Le rapport souligne que l’amélioration de l’inclusion financière reste une priorité pour les États membres de l’UEMOA, car elle contribue au développement de l’épargne, au financement des activités économiques et à l’intégration progressive des populations dans le système financier.
Toutefois, les défis restent importants : renforcer l’accès aux services financiers dans les zones moins couvertes, améliorer l’éducation financière et garantir des coûts accessibles pour les utilisateurs.
En 2024, l’UEMOA confirme ainsi une tendance de fond : l’inclusion financière avance moins par l’expansion des réseaux physiques que par la transformation numérique du secteur financier. La montée en puissance de la monnaie électronique apparaît désormais comme l’un des principaux leviers d’accès aux services financiers pour des millions de personnes dans la région.








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