RCA : la BEAC et les autorités centrafricaines renforcent leur coopération autour de la stabilité financière
Le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a été reçu en audience le 22 juin 2026 par le Président de la République centrafricaine, le Professeur Faustin-Archange Touadéra. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération entre l’institution d’émission et les États membres de la CEMAC, avec pour objectif de consolider la stabilité monétaire et financière de la sous-région et de soutenir la dynamique de développement économique.
Au cœur des échanges figuraient les performances macroéconomiques récentes de la zone CEMAC ainsi que les réformes engagées pour renforcer la résilience du système financier régional.
Une amélioration des indicateurs macroéconomiques dans la CEMAC
Lors de son entretien avec le chef de l’État centrafricain, le Gouverneur de la BEAC a présenté un bilan globalement positif de la situation économique de la sous-région.
Depuis la Conférence des Chefs d’État tenue le 22 janvier 2026 à Brazzaville, les indicateurs économiques montrent une amélioration progressive de la conjoncture.
L’Indice Composite des Activités Économiques (ICAE) enregistre ainsi une progression de 4,9 % en glissement annuel, témoignant d’une reprise de l’activité dans plusieurs secteurs clés de la zone.
Une inflation maîtrisée sous les normes communautaires
Sur le plan monétaire, la BEAC met en avant une évolution favorable de l’inflation, désormais contenue sous le seuil communautaire de 3 %.
En mars 2026, le taux d’inflation s’établissait à 1,6 %, contre 4,0 % un an plus tôt. Cette baisse significative traduit une meilleure maîtrise des tensions sur les prix au sein de la CEMAC et une stabilisation progressive du cadre macroéconomique.
Un renforcement de la position extérieure de la BEAC
Le Gouverneur a également souligné l’amélioration de la position extérieure de la banque centrale.
Le taux de centralisation des réserves de change a atteint 73,93 % à fin avril 2026, contre 69,19 % un an auparavant, confirmant une consolidation des réserves et une meilleure gestion des ressources extérieures de la zone.
Cette évolution constitue un indicateur important de la solidité financière de l’institution et de la capacité de la CEMAC à faire face à d’éventuels chocs externes.
Un système bancaire régional jugé résilient
La BEAC met également en avant la résilience du secteur bancaire sous-régional.
Au 31 mars 2026, l’excédent de trésorerie des banques de la CEMAC s’est établi à 7 737 milliards de FCFA, représentant 27 % du total du bilan du système bancaire.
Dans le même temps, la qualité du portefeuille de crédits s’est améliorée, avec un recul du taux des créances en souffrance de 1,8 point de pourcentage sur un an. Celui-ci s’établit désormais à 15,68 % des crédits bruts, contre 17,45 % l’année précédente.
Ces évolutions traduisent une amélioration progressive de la solidité financière des établissements bancaires de la zone.
Inclusion financière : extension du réseau de la BEAC
La question du maillage territorial de la Banque centrale a également été abordée lors de l’audience.
Le Gouverneur a évoqué l’avancement des études techniques relatives à l’ouverture d’une future agence à Bouar, ainsi que les démarches en cours pour l’attribution d’un terrain destiné à l’implantation d’une agence à Bambari.
Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie d’inclusion financière de la BEAC, visant à rapprocher les services bancaires des populations et à renforcer la présence de l’institution sur l’ensemble du territoire centrafricain.
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Vers la mise en œuvre de la stratégie de monétisation de l’or
Autre point majeur des échanges : la stratégie de monétisation de l’or, désormais validée par le Conseil d’administration de la BEAC et le Comité ministériel de l’UMAC.
Les travaux portent désormais sur la finalisation des procédures opérationnelles et des mécanismes de mise en œuvre, en vue d’un déploiement sécurisé et progressif.
L’entrée en phase opérationnelle de ce dispositif est envisagée à l’horizon 2027. Cette réforme vise à renforcer les actifs de la Banque centrale et à diversifier ses instruments de gestion des réserves.
La situation du Crédit Mutuel de Centrafrique au centre des préoccupations
La gouvernance du Crédit Mutuel de Centrafrique (CMCA) a également été évoquée avec fermeté.
Depuis près d’un an, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a désigné un administrateur provisoire chargé de restructurer l’établissement, de sécuriser les avoirs des clients et de rétablir l’équilibre financier de l’institution.
Le Gouverneur a appelé à la réalisation d’un audit indépendant approfondi afin de clarifier la situation, d’identifier les responsabilités et de renforcer les mécanismes de contrôle.
Il a également plaidé pour une coopération judiciaire internationale renforcée, notamment à travers Interpol, afin de permettre l’interpellation d’anciens responsables présumés impliqués dans des irrégularités financières.
Par ailleurs, il a encouragé l’accélération des procédures judiciaires nationales en vue de la récupération des actifs détournés et de la protection des intérêts des épargnants.
Une coopération réaffirmée pour la stabilité régionale
En conclusion, le Gouverneur Yvon Sana Bangui a réaffirmé l’engagement de la BEAC à demeurer un partenaire stratégique des États de la CEMAC.
L’institution centrale entend poursuivre ses efforts en faveur de la stabilité monétaire et financière, tout en accompagnant les politiques économiques nationales dans une perspective de croissance durable et d’intégration régionale renforcée.







