Une délégation ministérielle conjointe s’est rendue au Port autonome de Nouakchott pour évaluer son potentiel de développement. L’objectif est de faire de cette infrastructure un hub logistique régional de premier plan, avec l’appui d’investisseurs marocains.
Une visite au coeur du principal port mauritanien
Le Port autonome de Nouakchott, surnommé le Port de l’Amitié, est la principale porte
d’entrée maritime de la Mauritanie. Il joue un rôle central dans l’approvisionnement du
pays en marchandises importées et dans l’exportation de ses ressources, notamment
minières et halieutiques (issues de la pêche).
Mercredi, deux ministres se sont rendus sur place conjointement : le Dr. Abdallah Ould
Souleymane Ould Cheikh Sidia, ministre mauritanien des Affaires économiques et du
Développement, et M. Karim Zidane, ministre marocain chargé de l’Investissement, de la
Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques. Cette visite de terrain
s’inscrit dans un contexte de rapprochement économique entre les deux voisins du Maghreb
et de l’Afrique de l’Ouest.
Un port en pleine croissance, mais des capacités à renforcer
Les deux délégations ont été accueillies par le directeur général du port, M. Lemrabott
Ould Bennahi, qui leur a présenté un bilan détaillé des activités de la plateforme. Les
chiffres communiqués témoignent d’une progression continue du trafic maritime et
commercial.
Des explications ont également été données sur les méthodes de gestion modernisées
adoptées par le port, ainsi que sur les services logistiques proposés, c’est-à-dire
l’ensemble des opérations de transport, de stockage et de manutention des marchandises
qui transitent par cette infrastructure.
Des projets d’extension pour faire du port un hub régional
Au-delà du bilan, la visite a surtout été l’occasion de présenter les grands projets de
modernisation et d’extension en cours. Ces travaux visent à augmenter les capacités
opérationnelles du port, c’est-à-dire sa capacité à traiter davantage de navires et de
volumes de marchandises dans des délais plus courts.
Ces investissements s’inscrivent dans la vision du président mauritanien Mohamed Ould
Cheikh El Ghazouani, qui souhaite positionner la Mauritanie comme une plateforme
régionale reliant les marchés africains aux marchés internationaux. Le Port de Nouakchott,
situé à un carrefour géographique stratégique entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne,
est au coeur de cette ambition.
Le Maroc, partenaire stratégique pour l’investissement
La présence du ministre marocain de l’Investissement n’est pas anodine. Le Maroc est
depuis plusieurs années l’un des principaux investisseurs en Afrique, à travers des
groupes publics et privés actifs dans les secteurs bancaire, des télécommunications,
des phosphates ou encore des infrastructures portuaires.
La délégation marocaine comprenait l’ambassadeur du Maroc en Mauritanie, signe que cette
visite revêt un caractère diplomatique autant qu’économique. Des représentants du patronat
mauritanien ainsi que des cadres du ministère de l’Économie figuraient également parmi
les participants, ce qui laisse entrevoir la possibilité de partenariats public-privé dans
les projets de développement portuaire.
Un enjeu de connectivité pour toute l’Afrique de l’Ouest
La modernisation du Port de Nouakchott dépasse les seuls intérêts mauritaniens. Un port
mieux équipé et mieux géré renforcerait la compétitivité logistique de toute la
sous-région, en offrant une alternative aux ports saturés de Dakar (Sénégal) ou d’Abidjan
(Côte d’Ivoire). Pour les pays enclavés du Sahel, cela pourrait représenter une voie
d’accès à la mer plus directe et moins coûteuse.
Lire aussi : le FMI valide un nouveau décaissement de 91 M$
À retenir
- Les ministres mauritanien et marocain ont visité conjointement le Port autonome de
Nouakchott pour explorer des opportunités d’investissement et de modernisation. - Le Port de l’Amitié est en pleine expansion et fait l’objet de projets d’extension
visant à accroître ses capacités logistiques et commerciales. - La Mauritanie ambitionne de devenir une plateforme régionale reliant l’Afrique
subsaharienne aux marchés internationaux, avec le port comme infrastructure centrale. - Le Maroc, investisseur majeur en Afrique, pourrait jouer un rôle clé dans le
financement ou l’exploitation des futures infrastructures portuaires mauritaniennes. - Un port de Nouakchott modernisé représenterait également un atout logistique pour
les pays enclavés du Sahel cherchant un accès à la mer compétitif.







