Le Fonds monétaire international (FMI) a donné son feu vert à de nouveaux décaissements en faveur de la Mauritanie, confirmant la solidité de la trajectoire macroéconomique du pays tout en appelant à une accélération des réformes structurelles, climatiques et de gouvernance. Réuni à Washington, le Conseil d’administration de l’institution a achevé, le 29 janvier 2026, les cinquièmes revues des accords conclus au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de crédit (MEDC), ainsi que la quatrième revue de l’accord relevant de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat de 65,88 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 91 millions de dollars. Sur ce montant, 6,44 millions de DTS relèvent des accords FEC/MEDC, tandis que 59,44 millions de DTS sont mobilisés au titre de la FRD. Au total, les décaissements cumulés atteignent désormais près de 192 millions de DTS, l’équivalent d’environ 258 millions de dollars.
Sur le plan conjoncturel, l’économie mauritanienne affiche une performance solide, malgré un ralentissement attendu. Après une croissance estimée à 6,3 % en 2024, le produit intérieur brut devrait progresser de 4,2 % en 2025, en raison notamment de la contraction du secteur extractif, en dépit de la bonne tenue des activités non extractives. Dans un environnement international incertain et marqué par des risques sécuritaires régionaux, le FMI juge toutefois que les perspectives à moyen terme demeurent favorables, portées par le programme d’infrastructures publiques et les investissements privés.
L’institution souligne que la mise en œuvre des programmes reste « sur la bonne trajectoire ». Toutes les cibles quantitatives fixées à fin juin 2025 ont été atteintes et la majorité des repères structurels prévus dans le cadre des accords FEC/MEDC ont été respectés, parfois avec retard. Les réformes soutenues par la Facilité pour la résilience et la durabilité progressent également, même si leur rythme est jugé encore insuffisant. Cette discipline budgétaire et macroéconomique a contribué à stabiliser la dette publique, à réduire le déficit courant et à maintenir des réserves internationales à des niveaux confortables.
Lire aussi : Mauritanie : le gouvernement et le FMI réaffirment leur partenariat économique
Dans sa déclaration, le directeur général adjoint du FMI, Kenji Okamura, a salué la prudence des politiques économiques menées par les autorités mauritaniennes, tout en insistant sur la nécessité d’institutionnaliser l’ancrage budgétaire afin de protéger les finances publiques contre la volatilité des prix des matières premières. Le FMI appelle aussi à accélérer les réformes de gouvernance, notamment à travers l’opérationnalisation de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption et l’application effective des lois sur la déclaration de patrimoine, les entreprises publiques et la Zone franche de Nouadhibou.
Sur le volet climatique, l’institution plaide pour une mise en œuvre plus rapide de l’agenda de réformes, incluant l’introduction d’un mécanisme automatique de tarification des produits pétroliers, assorti de mesures compensatoires ciblées. L’objectif est de renforcer la résilience face aux chocs climatiques tout en dégageant des marges budgétaires pour financer les priorités de développement.
Pour le FMI, la poursuite rigoureuse des accords FEC/MEDC, combinée à une accélération des réformes soutenues par la FRD, sera déterminante pour relever les défis économiques à moyen et long terme. Ces programmes visent à consolider les cadres de politique macroéconomique, à promouvoir une croissance plus durable et inclusive, et à renforcer le rôle du secteur privé, tout en soutenant l’agenda climatique et la lutte contre la pauvreté.







