La Banque centrale du Nigéria (CBN) a récemment annoncé une mesure importante concernant les exportateurs. À partir du 8 janvier 2025, toutes les approbations de prolongation des délais pour le rapatriement des recettes d’exportation sont suspendues. Cette décision vise à renforcer la liquidité en devises et stabiliser la monnaie nationale, le naira.
Dans une circulaire datée du 8 janvier 2025, intitulée « Suspension de la prorogation des recettes d’exportation au nom des exportateurs », la CBN s’appuie sur les mémorandums 10A (23a) et 10B (20a) du Manuel des changes révisé en mars 2018.
La circulaire stipule plusieurs mesures clés. Premièrement, aucune banque agréée ne pourra demander une prolongation des délais pour ses clients exportateurs. Deuxièmement, les délais de rapatriement deviennent stricts et non négociables. Les exportateurs non pétroliers disposent de 180 jours après la date du connaissement pour rapatrier leurs recettes. Pour les exportateurs de pétrole et de gaz, ce délai est fixé à 90 jours.
Ces changements visent à renforcer la discipline des acteurs du marché tout en améliorant la gestion des flux de devises étrangères.
Cette nouvelle directive impose davantage de responsabilités aux exportateurs et à leurs banques partenaires. Les banques agréées devront informer leurs clients des changements de politique et s’assurer de leur stricte conformité. En cas de non-respect des délais de rapatriement, des sanctions financières ou d’autres mesures réglementaires pourraient être appliquées.
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La suspension des prolongations est également destinée à limiter les retards de rapatriement, qui nuisent à la stabilité du marché des changes. La CBN espère ainsi renforcer les réserves de devises étrangères et stabiliser le naira face aux défis économiques actuels.
Cette décision s’inscrit dans une série d’actions menées par la CBN pour renforcer le contrôle des flux de devises étrangères. En 2024, la banque centrale a interdit aux sociétés pétrolières internationales (IOC) de transférer immédiatement 100 % de leurs recettes d’exportation à leurs maisons mères à l’étranger. Selon cette mesure, 50 % des recettes pouvaient être rapatriées immédiatement, tandis que les 50 % restants devaient être utilisés pour des obligations locales sur une période de 90 jours.
Par ailleurs, la CBN a exigé l’approbation préalable pour tout transfert de fonds dans le cadre de la mutualisation des liquidités par les IOC. Cette règle visait à garantir que les compagnies pétrolières contribuent à l’économie locale en limitant les sorties immédiates de devises étrangères.
Les IOC peuvent également vendre 50 % des recettes rapatriées à des courtiers en devises agréés, ce qui augmente la disponibilité des devises sur le marché local et contribue à stabiliser le marché des changes.
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La suspension des prolongations vise plusieurs objectifs essentiels. Elle renforce la discipline des exportateurs en limitant les pratiques dilatoires et garantit un retour rapide des devises sur le marché local. Elle soutient également les réserves de change du Nigéria, ce qui contribue à la stabilité économique et à la confiance des investisseurs.
En limitant les retards dans le rapatriement des recettes, la CBN cherche à améliorer la liquidité sur le marché des changes et à stabiliser le naira, qui a été soumis à de fortes pressions au cours des derniers mois. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la résilience économique du pays tout en améliorant les flux de devises étrangères.










































