La Banque du Ghana a annoncé une réduction historique de son taux de politique monétaire (MPR), abaissé de 300 points de base, passant de 28 % à 25 %, son niveau le plus bas depuis plus de deux ans. Cette décision a été prise à l’issue de la 125e réunion du Comité de politique monétaire (MPC), mardi 30 juillet 2025.
Cette baisse traduit la confiance renouvelée de la banque centrale dans la reprise économique du pays et vise à renforcer la croissance tout en maintenant la stabilité des prix. Le gouverneur de la Banque du Ghana, également président du MPC, a justifié cette décision par l’amélioration significative des conditions macroéconomiques, la forte performance du cedi et le recul de l’inflation.
L’inflation a fortement chuté, passant de 18,4 % en mai à 13,7 % en juin 2025, soit son niveau le plus bas depuis décembre 2021. Cette amélioration est due à une politique monétaire stricte, à une meilleure sécurité alimentaire, à une consolidation budgétaire rigoureuse et à l’appréciation du cedi.
En effet, le cedi s’est fortement renforcé au cours de l’année, gagnant 40,7 % face au dollar, 31,2 % face à la livre sterling et 24,2 % face à l’euro. Cette performance est attribuée à l’augmentation des recettes d’exportation de cacao et d’or, aux transferts de fonds importants, ainsi qu’à un excédent du compte courant estimé à 3,4 milliards de dollars au premier semestre.
La croissance du PIB réel au premier trimestre 2025 a atteint 5,3 %, tirée par un secteur non pétrolier dynamique (+6,8 %). Par ailleurs, le déficit budgétaire a été contenu à seulement 0,7 % du PIB, bien en deçà de l’objectif de 1,8 %. La dette publique a également reculé, passant de 61,8 % du PIB en décembre 2024 à 43,8 % en juin 2025.
Les réserves de change s’élèvent désormais à 11,1 milliards de dollars, représentant 4,8 mois de couverture des importations.
Malgré ces résultats positifs, le Comité reste vigilant. Il a mentionné les risques liés aux tensions commerciales mondiales, aux hausses tarifaires des services publics et aux chaînes d’approvisionnement. Il estime néanmoins qu’une politique monétaire rigoureuse et une discipline budgétaire permettront de contenir ces risques.
Enfin, la Banque du Ghana n’exclut pas une nouvelle réduction du taux directeur si la tendance désinflationniste se confirme dans les mois à venir. « Le Comité reste attaché à la stabilité des prix, tout en créant les conditions d’une croissance inclusive et durable », conclut le communiqué.










































