Le Gabon s’apprête à accueillir un centre de formation agricole de pointe à Kango, à 93 km de Libreville, grâce à un investissement de 5 milliards de FCFA de la République populaire de Chine. Annoncé le 13 juin 2025, ce projet, en phase de terrassement, vise à former jusqu’à 400 apprenants sur un site de 40 hectares d’ici deux ans. Cet article explore les détails de cette initiative, son impact sur l’agriculture gabonaise, et son rôle dans la quête de souveraineté alimentaire.
Situé dans la commune de Kango, le centre de formation professionnelle agricole ambitionne de devenir un hub d’excellence pour le développement des compétences agricoles. Doté d’infrastructures modernes, il comprendra :
- Des salles de formation équipées pour un apprentissage technique de haut niveau.
- Un internat pour accueillir les apprenants, y compris ceux des régions éloignées.
- Des espaces pratiques pour des formations sur le terrain, comme la culture et l’élevage.
Avec une capacité d’accueil de 400 étudiants, le centre offrira des programmes axés sur les techniques agricoles modernes, la gestion des exploitations, et les innovations agro-technologiques, en partenariat avec des experts chinois et locaux.
Financé à hauteur de 5 milliards de FCFA (environ 7,6 millions de dollars) par la Chine, ce projet s’inscrit dans le cadre de la coopération sino-gabonaise, renforcée par des accords signés lors du Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCAC). Le chantier, actuellement en phase de terrassement, devrait être livré d’ici juin 2027. La Chine apporte également un encadrement technique, avec des formateurs spécialisés qui accompagneront les apprenants pour garantir un transfert de compétences efficace.
La ministre de l’Agriculture, Odette Polo Pandzou, a souligné l’importance de ce centre pour la souveraineté alimentaire du Gabon : « Ce projet formera des Gabonais aux compétences nécessaires pour booster la production agricole. La souveraineté alimentaire passe par la formation. » Actuellement, le Gabon importe près de 80 % de ses denrées alimentaires, un défi que ce centre vise à relever en :
- Augmentant la productivité agricole : Formation aux techniques modernes pour améliorer les rendements.
- Créant des emplois : Préparation de jeunes agriculteurs et techniciens pour dynamiser le secteur.
- Réduisant la dépendance alimentaire : Développement de filières locales pour les cultures vivrières et commerciales.
Le Gabon, riche en terres arables (23 % de son territoire), souffre d’une faible exploitation agricole, avec seulement 5 % des terres cultivées. Ce centre s’aligne avec la stratégie nationale de diversification économique, visant à réduire la dépendance au pétrole, qui représente 80 % des exportations. Des initiatives comme le programme GRAINE, lancé en 2014, ont déjà posé les bases pour une agriculture moderne, et ce centre renforcera ces efforts en formant une main-d’œuvre qualifiée.
Le succès du projet dépendra de plusieurs facteurs :
- Infrastructures complémentaires : Accès à l’électricité et aux routes pour faciliter l’installation et l’opération du centre.
- Engagement des apprenants : Mobilisation des jeunes pour s’investir dans un secteur souvent perçu comme peu attractif.
- Partenariats durables : Collaboration continue avec la Chine et d’autres partenaires pour maintenir la qualité de la formation.
Le climat équatorial, favorable à l’agriculture, devra également être géré pour minimiser les impacts des fortes pluies sur le chantier et les futures activités du centre.
Ce centre pourrait devenir un modèle pour d’autres pays de la CEMAC, comme le Cameroun ou le Congo, qui cherchent également à renforcer leur sécurité alimentaire. En formant des agriculteurs qualifiés, le Gabon ambitionne de devenir un hub agricole régional, exportant non seulement des produits, mais aussi des compétences. Des partenariats avec des institutions comme l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) pourraient amplifier l’impact du projet.
L’investissement chinois de 5 milliards de FCFA dans le centre de formation agricole Gabon à Kango marque une étape décisive vers la souveraineté alimentaire. En formant 400 apprenants avec des infrastructures modernes, ce projet renforce les capacités agricoles du pays et soutient sa diversification économique. D’ici 2027, ce centre pourrait transformer l’agriculture gabonaise et inspirer d’autres nations africaines dans leur quête d’autosuffisance alimentaire.










































