Le 13 juin 2025, l’Agence Nationale Tunisienne des Céréales a finalisé l’achat de 100 000 tonnes de blé tendre dans le cadre d’un appel d’offres international, dépassant les 75 000 tonnes initialement prévues. Cette acquisition, réalisée auprès de plusieurs fournisseurs, vise à renforcer la sécurité alimentaire du pays face à une dépendance croissante aux importations. Cet article explore les détails de cette opération, les prix convenus, et ses implications pour l’économie tunisienne.
Selon des négociants européens, l’achat s’est réparti en trois lots distincts :
- Grain Star : Deux cargaisons de 25 000 tonnes chacune, vendues à 243,00 dollars la tonne, frais de transport compris (c&f).
- Raya : Une cargaison de 25 000 tonnes à 248,27 dollars la tonne c&f.
- Buildcom : Une cargaison de 25 000 tonnes à 243,77 dollars la tonne c&f.
Les prix, variant entre 243 et 248,27 dollars la tonne, reflètent la compétitivité du marché mondial du blé tendre, influencé par des facteurs comme la volatilité des coûts de transport et la disponibilité des stocks. Les expéditions sont prévues entre le 1er juillet et le 10 août 2025, en fonction des origines des produits, qui n’ont pas encore été précisées.
L’acquisition de 100 000 tonnes dépasse les 75 000 tonnes initialement recherchées, signalant une volonté de la Tunisie de sécuriser ses réserves céréalières face aux incertitudes du marché mondial. Le blé tendre, essentiel pour la production de pain et de produits de boulangerie, représente une part cruciale des importations alimentaires du pays, qui importe environ 60 % de ses besoins en céréales. Cette opération intervient dans un contexte de hausse des prix mondiaux des céréales, exacerbée par les tensions géopolitiques et les perturbations climatiques.
La Tunisie, fortement dépendante des importations pour son approvisionnement alimentaire, fait face à des défis structurels, notamment une production agricole locale limitée par l’aridité et les contraintes climatiques. Cet achat de blé tendre vise à :
- Stabiliser l’approvisionnement : Garantir la disponibilité du pain, un aliment de base pour la population.
- Contenir l’inflation alimentaire : Maintenir des prix abordables malgré la hausse des cours mondiaux.
- Renforcer les stocks stratégiques : Anticiper d’éventuelles perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
En 2024, la Tunisie a importé environ 3,5 millions de tonnes de céréales, principalement du blé tendre et dur, pour répondre à une consommation nationale croissante.
Les prix du blé tendre, bien qu’élevés, restent inférieurs aux pics de 2022 (400 dollars la tonne) causés par le conflit russo-ukrainien. Les origines probables de cet achat incluent la mer Noire (Russie, Ukraine), l’Union européenne, et éventuellement l’Amérique du Nord, selon les évaluations des négociants. La compétitivité des prix obtenus (243-248 $/t) suggère une négociation habile de l’Agence Nationale des Céréales, qui a su tirer parti d’un marché temporairement stabilisé.
Malgré cette acquisition, la Tunisie doit relever plusieurs défis :
- Volatilité des prix : Les fluctuations des cours mondiaux et des coûts de transport pourraient alourdir la facture des importations futures.
- Dépendance aux importations : Le faible développement de l’agriculture locale limite l’autosuffisance alimentaire.
- Contraintes budgétaires : Le financement des importations pèse sur les finances publiques, déjà fragilisées par une dette extérieure élevée.
Des initiatives comme le développement de l’irrigation et des variétés résistantes au climat pourraient réduire cette dépendance à long terme.
L’achat de blé tendre de 100 000 tonnes par la Tunisie via un appel d’offres international renforce sa sécurité alimentaire face à un marché mondial instable. Avec des prix compétitifs compris entre 243 et 248 dollars la tonne, cette opération, menée par l’Agence Nationale des Céréales, illustre une stratégie proactive pour garantir l’approvisionnement en céréales. En poursuivant ces efforts et en investissant dans l’agriculture locale, la Tunisie peut consolider sa résilience alimentaire tout en soutenant son économie.








































