Le marché régional des titres publics de la CEMAC a franchi la barre symbolique des 7 000 milliards FCFA (environ 12 milliards USD) d’encours de dettes à la fin juillet 2024. Cette information a été rendue publique lors de la 11ᵉ conférence du cadre permanent de concertation des trésors publics (CPC-TP-CEMAC), tenue à Brazzaville, capitale du Congo. En l’espace de cinq mois, le portefeuille des emprunts a progressé de près de 600 milliards FCFA, une hausse attribuée à la forte demande des États de la région.
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Depuis le début de l’année, les États membres de la CEMAC— Cameroun, Tchad, Congo, RCA, Gabon et Guinée Équatoriale — avaient prévu de mobiliser 3 327 milliards FCFA (environ 5,4 milliards USD) pour répondre à leurs besoins de trésorerie. Cependant, certains pays ont été contraints de revoir leurs ambitions à la baisse en raison des conditions d’emprunt devenues plus rigides, notamment suite au resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale. Le Cameroun, par exemple, a réduit ses objectifs de financement de 25%, après l’adoption d’une loi de finances rectificative en juin.
Un marché sous pression
Malgré des ajustements récents de la politique monétaire, la capacité du marché à répondre aux besoins financiers des États reste limitée. Actuellement, plus de 75% des fonds sont mobilisés par les banques commerciales, ce qui diminue leur marge de manœuvre pour financer de nouveaux emprunts, en raison des contraintes visant à limiter leur exposition au risque souverain.
Pour alléger cette pression, l’une des solutions serait de dynamiser le marché secondaire, permettant une plus grande participation du public. Cependant, à ce jour, les particuliers représentent moins de 3% des créanciers des dettes publiques. Bien que cette option ait été abordée lors de la rencontre de Brazzaville, aucune mesure concrète n’a été dévoilée.
Premiers signes d’inquiétude sur le marché
La BEAC a récemment tiré la sonnette d’alarme concernant la capacité des États à honorer leurs échéances. Le marché, réputé pour sa solvabilité, a enregistré en 2024 son premier défaut de paiement depuis sa création en 2011. Cette situation met en lumière des pratiques de gestion de la dette jugées peu transparentes.
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Selon Christian Rodrigue Otoly, de la Cellule de règlement et de conservation des titres à la BEAC, le manque de rationalisation des dépenses et le décalage entre les calendriers financiers des États sont autant de facteurs qui inquiètent les investisseurs. Une charte de bonne conduite devrait être adoptée lors de la prochaine réunion des Trésors de la CEMAC, prévue en décembre 2024, afin de rétablir la confiance sur le marché.








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