Burkina Faso : une croissance moyenne de 4,8 % malgré les crises entre 2016 et 2025
Le Burkina Faso a dressé un bilan encourageant de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) entre 2016 et 2025. Présenté à New York lors du Forum politique de haut niveau sur le développement durable, le troisième Rapport national volontaire met en avant une croissance économique moyenne de 4,8 % sur la décennie, malgré un contexte marqué par l’insécurité, les effets du changement climatique, la pandémie de Covid-19 et le recul des financements extérieurs.
Le document, présenté par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, constitue le premier bilan décennal du pays sur la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations unies.
Une économie résiliente malgré un environnement difficile
Malgré les nombreux défis auxquels le pays a été confronté ces dix dernières années, l’économie burkinabè a maintenu une trajectoire de croissance relativement soutenue.
Le rapport souligne notamment que la production céréalière a atteint 7,15 millions de tonnes en 2025, permettant de couvrir 126 % des besoins alimentaires nationaux. Parallèlement, les ressources internes mobilisées pour financer le développement se sont élevées à 3 309,7 milliards de FCFA, traduisant les efforts des autorités pour renforcer la mobilisation des recettes domestiques.
Des progrès enregistrés dans les secteurs sociaux
Le gouvernement met également en avant plusieurs avancées sociales réalisées au cours des deux dernières années.
Entre 2024 et 2025, 1 473 établissements scolaires ont été rouverts, contribuant progressivement au retour des élèves dans les zones affectées par l’insécurité.
Dans le domaine de la protection sociale, 1,84 million de personnes vulnérables ont été intégrées au Registre social unique, un outil destiné à mieux cibler les politiques publiques et les programmes d’assistance.
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L’accès à l’eau potable et l’industrialisation progressent
Parmi les Objectifs de développement durable examinés cette année, le Burkina Faso met en avant des progrès notables dans plusieurs domaines.
Le taux d’accès à l’eau potable est passé de 72,4 % en 2016 à 78,9 % en 2025, reflétant les investissements réalisés dans les infrastructures hydrauliques.
Le secteur industriel affiche également une évolution positive. Sa contribution au produit intérieur brut (PIB) est passée de 24,4 % à 32,9 % sur la période.
Le développement du numérique se poursuit également avec un taux de pénétration de l’internet mobile atteignant désormais 83 %, signe de l’amélioration de l’accès aux services numériques sur l’ensemble du territoire.
Le Plan RELANCE 2026-2030 au cœur de la stratégie de développement
À cette occasion, le gouvernement burkinabè a présenté le Plan RELANCE 2026-2030, appelé à devenir le nouveau cadre de référence pour la mise en œuvre des Objectifs de développement durable ainsi que des autres engagements internationaux du pays.
Ce programme vise à accélérer la transformation économique, renforcer la résilience des populations et soutenir une croissance plus inclusive au cours des prochaines années.
Un appel à une réforme du financement du développement
Au-delà de la présentation des résultats, le ministre de l’Économie et des Finances a adressé plusieurs messages à la communauté internationale.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de financement du développement, de faciliter l’accès des pays africains aux technologies et de promouvoir des partenariats fondés sur le respect mutuel.
Le Burkina Faso a également mis en avant quatre principes qui guideront son action : le courage face aux crises, la souveraineté dans la conduite du développement, la résilience comme moteur de transformation et l’espérance comme levier d’avenir.
À travers cette présentation devant les Nations unies, le gouvernement réaffirme sa volonté de poursuivre la mise en œuvre des Objectifs de développement durable tout en adaptant ses politiques aux défis sécuritaires, climatiques et économiques auxquels le pays demeure confronté.







