Le Burkina Faso engage un vaste programme de renforcement de ses infrastructures hydrauliques avec la réhabilitation et la confortation de 100 barrages répartis dans 12 régions du pays. Le lancement officiel de la campagne nationale de mobilisation des eaux a été effectué le samedi 31 janvier 2026 à Gonsé, dans la commune de Koubri, par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Cette initiative intervient dans un contexte préoccupant pour le secteur de l’eau. Selon les données officielles, près de 40 % des barrages du pays sont dans un état de dégradation très avancée, 50 % présentent une dégradation moyennement avancée, et seulement 10 % sont considérés en bon état. Une situation qui pèse lourdement sur l’approvisionnement en eau potable et sur les activités productives.
L’objectif de la campagne est clair : améliorer la capacité de rétention de 100 barrages afin de mobiliser des volumes d’eau supplémentaires. Ces ressources serviront aussi bien à l’alimentation en eau potable qu’à la production agropastorale et aux activités halieutiques, et ce tout au long de l’année. Les travaux permettront notamment de restaurer les capacités de stockage des barrages à vocation agricole et d’adduction d’eau potable.
Selon le ministre d’État en charge de l’Agriculture, Ismaël Sombié, sur les 973 barrages que compte le Burkina Faso, hors ouvrages en cours de réalisation, plus de 425, soit environ 40 %, se trouvent dans un état de délabrement avancé. Une réalité qui rend la réhabilitation de ces infrastructures stratégique pour la sécurité hydrique et alimentaire du pays.
Au-delà de l’enjeu hydrique, le programme devrait également avoir un impact économique et social significatif. La dispersion des chantiers sur l’ensemble du territoire favorisera la création d’emplois locaux et contribuera à dynamiser les économies régionales. Le financement de cette campagne est assuré par les ressources du budget de l’État, avec l’appui de la Banque mondiale à travers le projet Sécurité de l’eau.
À terme, cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation de l’accès à l’eau et de renforcement de la résilience du Burkina Faso face aux effets du changement climatique, tout en soutenant durablement l’agriculture et l’élevage.







