Financement climatique : les banques multilatérales dépassent 100 milliards de dollars dans les pays en développement
Les banques multilatérales de développement (BMD) ont franchi un nouveau cap dans le financement de la lutte contre le changement climatique. Selon leur Rapport de synthèse conjoint 2025 sur le financement climatique, les financements destinés aux pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 103 milliards de dollars en 2025, soit une progression de 21 % par rapport à l’année précédente. À l’échelle mondiale, leurs financements climatiques ont atteint un niveau record de 163 milliards de dollars, en hausse de 19 %.
Ces résultats confirment que les banques multilatérales sont en bonne voie pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030 lors de la COP29 organisée à Bakou.
Les financements pour l’adaptation progressent plus rapidement
La hausse des financements bénéficie à la fois aux projets d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et aux initiatives destinées à renforcer la résilience des pays face aux effets du changement climatique.
Les financements consacrés à l’atténuation ont progressé de 16 % pour atteindre 68 milliards de dollars, tandis que ceux dédiés à l’adaptation ont enregistré une hausse encore plus marquée de 31 %, à 35 milliards de dollars.
Les banques multilatérales soulignent également le rôle croissant du secteur privé. En 2025, elles ont mobilisé 35 milliards de dollars de financements privés en faveur des économies à revenu faible et intermédiaire.
Les pays développés dépassent déjà leurs objectifs de 2030
Dans les économies à revenu élevé, les financements climatiques des banques multilatérales ont atteint 60 milliards de dollars en 2025, dont 53 milliards consacrés à l’atténuation et 7 milliards à l’adaptation.
Ces montants dépassent déjà les objectifs collectifs fixés pour 2030, avec cinq années d’avance.
Les financements privés mobilisés dans ces pays ont atteint 80 milliards de dollars, illustrant la capacité des banques multilatérales à attirer des capitaux supplémentaires autour des projets liés à la transition énergétique.
La Banque africaine de développement renforce son engagement
La Banque africaine de développement (BAD) a poursuivi l’intégration du climat dans ses activités.
En 2025, 54 % des projets approuvés par l’institution relevaient du financement climatique, représentant 5,93 milliards de dollars.
Les projets d’adaptation ont concentré 58 % de ces financements, reflétant les besoins croissants du continent africain en matière de résilience face aux effets du changement climatique.
La BAD indique également avoir dépassé son engagement de mobiliser 25 milliards de dollars de financements climatiques sur la période 2020-2025, avec un total d’environ 25,5 milliards de dollars.
Pour Anthony Nyong, directeur du Département du changement climatique et de la croissance verte de la Banque africaine de développement, le développement économique de l’Afrique reste étroitement lié aux investissements climatiques.
« Pour l’Afrique, développement et action climatique sont indissociables. »
Selon lui, l’augmentation des financements constitue un levier essentiel pour renforcer la résilience des économies africaines tout en accélérant une transition énergétique juste et inclusive.
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Les banques multilatérales visent 120 milliards de dollars par an d’ici 2030
Lors de la COP29, les banques multilatérales ont annoncé leur ambition commune de porter leurs financements climatiques à destination des pays à revenu faible et intermédiaire à 120 milliards de dollars par an d’ici 2030.
Sur ce montant, 42 milliards de dollars seront consacrés à l’adaptation, tandis que les institutions espèrent mobiliser 65 milliards de dollars supplémentaires auprès du secteur privé chaque année.
Pour les économies avancées, l’objectif est fixé à 50 milliards de dollars de financements climatiques annuels, dont 7 milliards destinés à l’adaptation, accompagnés également de 65 milliards de dollars de financements privés.
Une transparence renforcée grâce à un nouveau tableau de bord
Les banques multilatérales poursuivent également leurs efforts pour améliorer la transparence des financements climatiques.
Depuis avril 2026, elles disposent d’une version pilote d’un Tableau de bord des financements climatiques, permettant d’accéder à des données détaillées sur les projets financés, les méthodologies utilisées et la répartition des financements par région, secteur ou type d’intervention.
Cet outil complète le rapport annuel et vise à faciliter l’analyse des engagements climatiques des principales institutions financières internationales.
Dix grandes banques multilatérales mobilisées
Le rapport est élaboré conjointement par les principales banques multilatérales de développement, notamment la Banque africaine de développement, le Groupe de la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque asiatique de développement, la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, la Banque islamique de développement, la Banque interaméricaine de développement, la Banque de développement du Conseil de l’Europe et la Nouvelle Banque de développement.
L’augmentation continue des financements confirme le rôle central de ces institutions dans l’accompagnement des pays face aux défis climatiques. Pour les banques multilatérales, l’enjeu consiste désormais à accélérer la mobilisation des capitaux privés afin de financer les investissements nécessaires à une transition vers des économies plus résilientes et sobres en carbone.






