La fortune d’Aliko Dangote, première fortune d’Afrique, vient de franchir un nouveau seuil. Selon le classement établi par Forbes, le milliardaire nigérian est désormais à la tête d’un patrimoine estimé à 51,3 milliards de dollars, contre 31,4 milliards quelques jours auparavant.
Cette progression de près de 20 milliards de dollars en une dizaine de jours intervient dans le contexte de l’ouverture du capital de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals, la gigantesque raffinerie construite près de Lagos.
Le bond de sa fortune ne correspond toutefois pas à 20 milliards de dollars encaissés. Il résulte principalement de la réévaluation de la participation du milliardaire dans la raffinerie, désormais valorisée à partir des paramètres de son opération d’introduction en Bourse.
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Dangote gagne 40 places au classement mondial de Forbes
La nouvelle valorisation propulse Aliko Dangote de la 76e à la 36e place du classement mondial des milliardaires de Forbes.
Le fondateur du groupe Dangote conserve par ailleurs sa position de première fortune du continent africain. Sa richesse estimée dépasse celle de l’ensemble des autres milliardaires nigérians réunis.
Forbes souligne ainsi l’importance prise par la raffinerie dans le patrimoine du milliardaire, alors que son empire industriel s’est historiquement construit autour du ciment avant de s’étendre au sucre, aux engrais et à l’énergie.
Selon les différentes estimations publiées récemment, sa fortune s’établit désormais autour de 51 milliards de dollars, contre 28,5 milliards en mars 2026.
Une fortune bâtie d’abord sur le ciment
Aliko Dangote a commencé à bâtir son empire dans le commerce avant de développer progressivement un groupe industriel diversifié.
Fondé en 1981, le groupe Dangote est aujourd’hui actif dans plusieurs secteurs stratégiques de l’économie africaine, notamment le ciment, le sucre, les engrais et l’énergie.
Le développement de Dangote Cement a constitué une étape majeure dans l’ascension financière de son fondateur. L’introduction en Bourse de la société en 2010 avait déjà contribué à accroître sensiblement la valeur de sa participation.
Le milliardaire nigérian a ensuite engagé plusieurs milliards de dollars dans un projet beaucoup plus ambitieux : la construction d’une raffinerie capable de transformer jusqu’à 700 000 barils de pétrole par jour.
La raffinerie change d’échelle
Entrée en service en 2024, la raffinerie Dangote est devenue l’un des principaux actifs industriels du groupe.
Installée près de Lagos, elle dispose actuellement d’une capacité de traitement de 700 000 barils de pétrole par jour, ce qui en fait la plus grande raffinerie d’Afrique.
Le groupe envisage à terme de porter cette capacité à 1,4 million de barils par jour, ce qui renforcerait encore le poids de l’infrastructure dans l’industrie pétrolière nigériane.
Construite pour un investissement estimé à environ 20 milliards de dollars, la raffinerie représente aujourd’hui un élément déterminant dans la valorisation du patrimoine d’Aliko Dangote.
Une introduction en Bourse de 1,6 milliard de dollars
La revalorisation de la participation de Dangote intervient alors que Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals ouvre son capital aux investisseurs.
Depuis le 15 septembre, l’entreprise propose jusqu’à 4,1 milliards d’actions nouvelles au prix de 525 nairas par action.
L’opération vise ainsi à lever environ 2 150 milliards de nairas, soit près de 1,6 milliard de dollars.
Les titres proposés représentent environ 3,3 % du capital de la société. L’offre doit rester ouverte jusqu’au 13 octobre 2026, avec une cotation attendue en novembre sur la Nigerian Exchange (NGX).
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Un ticket d’entrée fixé à 5 250 nairas
L’opération a également été conçue pour permettre aux investisseurs particuliers nigérians d’accéder au capital de la raffinerie.
Le minimum de souscription a été fixé à 10 actions, soit un investissement de 5 250 nairas au prix de l’offre.
Cette ouverture vise à élargir la base d’actionnaires de l’entreprise et à permettre à davantage d’investisseurs locaux de participer à la création de valeur associée à l’un des plus importants projets industriels du Nigeria.
Après l’émission des 4,1 milliards de nouveaux titres, le nombre total d’actions en circulation devrait passer de 120,13 milliards à 124,23 milliards.
Sur la base du prix d’introduction, la capitalisation boursière post-opération est estimée à environ 65 220 milliards de nairas, soit près de 47,8 milliards de dollars.
Le groupe Dangote conserve le contrôle
Malgré l’ouverture du capital, le contrôle de la raffinerie reste largement entre les mains des entités liées au groupe Dangote.
Avant l’opération, Dangote Oil Refining Company détenait 65,84 % du capital et Dangote Industries 14,90 %, soit une participation cumulée de 80,74 %.
Parmi les autres actionnaires figurent notamment la compagnie pétrolière publique nigériane NNPC, avec 6,82 %, et Greenview International, avec 6,50 %.
Les investisseurs ayant participé au placement privé organisé en juillet détiennent pour leur part 5,95 % du capital.
L’introduction en Bourse modifie donc la structure actionnariale sans remettre en cause le contrôle du groupe sur l’actif.
Forbes et Bloomberg ne donnent pas la même fortune
La nouvelle estimation de Forbes ne fait toutefois pas consensus.
Bloomberg, qui dispose de sa propre méthodologie pour évaluer le patrimoine des milliardaires, estime encore la fortune d’Aliko Dangote à environ 35,3 milliards de dollars.
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L’agence considère cependant que son patrimoine pourrait atteindre 58,2 milliards de dollars une fois l’opération achevée.
Cette différence illustre les difficultés liées à la valorisation d’un actif industriel aussi important. Forbes et Bloomberg ont régulièrement utilisé des méthodes différentes pour estimer la valeur de la raffinerie et, par conséquent, la participation de son principal actionnaire.
L’écart pourrait notamment se réduire à mesure que le titre disposera d’un prix de marché observable après sa cotation.
La raffinerie améliore fortement ses résultats
La valorisation de la raffinerie est également soutenue par l’amélioration de ses performances financières.
Au premier semestre 2026, l’entreprise a enregistré un bénéfice net de 1,82 milliard de dollars, contre une perte de 476 millions de dollars au cours de la même période de 2025.
Cette évolution intervient alors que la raffinerie poursuit sa montée en puissance et bénéficie notamment de conditions favorables sur certains produits pétroliers.
L’amélioration des résultats renforce ainsi le rôle de l’actif dans la valorisation du groupe Dangote et dans la fortune estimée de son fondateur.
Une nouvelle étape pour le capital africain
Pour Aliko Dangote, l’ouverture du capital de la raffinerie ne constitue donc pas uniquement une opération destinée à lever des fonds.
Elle marque également une volonté d’associer davantage les investisseurs locaux à un actif industriel majeur du Nigeria. Le milliardaire présente cette démarche comme un moyen d’élargir l’accès des investisseurs africains à la propriété d’entreprises et d’actifs industriels du continent.
L’opération pourrait ainsi constituer une nouvelle étape dans l’histoire financière du groupe Dangote : après avoir bâti sa fortune autour du ciment, son fondateur place désormais le pétrole et la raffinerie au centre de sa stratégie industrielle et patrimoniale.
Avec une capacité actuelle de 700 000 barils par jour, des ambitions d’expansion et une introduction en Bourse qui valorise l’entreprise à plusieurs dizaines de milliards de dollars, la raffinerie est devenue l’un des principaux moteurs de la valeur du groupe — et, par ricochet, de la fortune estimée de son fondateur.







