Selon un rapport conjoint du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) et de Dalberg Advisors, plus de 90 % du marché africain de l’agritech reste à exploiter, malgré une forte croissance des solutions numériques agricoles sur le continent.
Le marché des services numériques destinés aux petits exploitants agricoles en Afrique subsaharienne pourrait atteindre une valeur de 2,2 milliards de dollars, alors qu’en 2018, il ne représentait qu’environ 143 millions de dollars, bien en deçà de son potentiel estimé à 2,6 milliards.
Des services numériques en plein essor
Près de 400 solutions agricoles numériques ont été recensées, couvrant des services de conseil (météo, semis, gestion des cultures), des offres de financement (prêts, assurances), ainsi que des outils plus avancés intégrant données satellites, IA, big data et apprentissage automatique.
Plus de 33 millions d’agriculteurs sont aujourd’hui enregistrés sur ces plateformes, qui proposent des services via SMS ou applications mobiles. L’Afrique connaît une croissance annuelle de plus de 40 % en nombre d’utilisateurs comme en nombre de solutions.
Des résultats prometteurs pour les exploitants
Les premiers indicateurs montrent que l’utilisation de ces technologies permettrait des augmentations de rendement de 23 % à 73 % et des hausses de revenus de 18 % à 37 %.
Les « super plateformes », qui combinent plusieurs services (financement, marché, conseils), permettent même d’atteindre des rendements améliorés jusqu’à 168 %.
Un outil clé pour transformer l’agriculture africaine
Selon Michael Hailu, directeur du CTA, la numérisation peut transformer profondément l’agriculture africaine en la modernisant, en attirant les jeunes et en rendant les producteurs plus résilients face au changement climatique.
« Ce rapport montre que l’écosystème évolue vite. Le défi, désormais, est de convertir cette portée client en une utilisation effective générant des retours durables », a-t-il déclaré.
Des freins à lever pour une adoption inclusive
Malgré cette croissance, des freins subsistent. Les femmes, qui représentent plus de 40 % de la main-d’œuvre agricole, ne représentent que 25 % des utilisateurs des services numériques agricoles.
À cela s’ajoutent des préoccupations autour de la fracture numérique, de la confidentialité et de la sécurité des données. Des enjeux à surveiller de près pour garantir une agriculture inclusive et durable pour les 250 millions de petits exploitants du continent.









































