La réforme fiscale récemment proposée au Nigeria pourrait contribuer à freiner l’inflation et alléger les charges financières pour une majorité de ménages, selon le conseiller présidentiel Taiwo Oyedele. Face aux critiques affirmant que ce plan risque d’aggraver les difficultés économiques, Oyedele a défendu les mesures, affirmant qu’elles permettraient de réduire les prix de nombreux produits de consommation.
Cette réforme intervient après une année marquée par la suppression de la subvention sur l’essence et une double dévaluation de la monnaie sous la présidence de Bola Tinubu. Pour sa deuxième année au pouvoir, le président ambitionne de ramener l’inflation à 15 % en 2024, contre 34,8 % enregistrés en décembre dernier.
Parmi les mesures phares de cette réforme figure l’augmentation progressive de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à 12,5 % d’ici 2026. Toutefois, cette hausse s’accompagnerait de l’exonération de TVA pour les denrées alimentaires, les médicaments et les produits de première nécessité, qui représentent environ 82 % des dépenses des ménages nigérians.
« Sur la majorité des produits consommés par les ménages, les prix devraient baisser grâce à la suppression de la TVA », a déclaré Oyedele. Seuls 18 % des biens verraient leurs prix augmenter.
Lire aussi : L’inflation au Nigeria : des perspectives encourageantes pour 2025
Le Nigeria, avec un ratio impôts/PIB d’environ 10,8 %, figure parmi les pays ayant les plus faibles recettes fiscales au monde. Cette situation oblige l’État à recourir massivement à l’endettement pour financer ses dépenses publiques. La réforme fiscale vise également à moderniser les méthodes de collecte des taxes et à redistribuer plus équitablement les recettes entre le gouvernement fédéral et les États.
Néanmoins, la proposition de reverser 60 % des recettes de la TVA aux États qui les génèrent, contre 20 % actuellement, suscite une vive opposition. Les gouverneurs du nord du pays redoutent une accentuation des inégalités régionales. En réponse, Oyedele a laissé entendre que le gouvernement pourrait accepter un plafonnement à 30 % des parts allouées aux États générateurs de revenus.
Les critiques restent toutefois sceptiques quant à l’efficacité globale du projet. Adewunmi Emoruwa, PDG de Gatefield, a exprimé ses réserves sur l’impact d’une augmentation de la TVA, affirmant que cela pourrait freiner la consommation et ralentir la croissance industrielle.
Malgré ces craintes, Oyedele reste confiant, affirmant que la réforme fiscale apportera une plus grande stabilité économique tout en alignant le Nigeria sur les normes fiscales internationales.










































