Le ministre camerounais de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, veut accélérer la transformation des projets publics en réalisations concrètes. Il a donné cette consigne à ses collaborateurs, aux responsables de programmes et aux dirigeants des structures sous tutelle du MINEPAT, lors de la deuxième session 2026 du Comité de direction, tenue le 7 septembre à Yaoundé.
Les travaux ont notamment permis de faire le point sur deux chantiers prioritaires : l’approche Haute Intensité de Main-d’Œuvre (HIMO) et le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH).
Le HIMO pour davantage d’emplois locaux
Présenté par Médard Kouatchou, coordonnateur de l’Unité technique HIMO, le bilan fait ressortir un intérêt croissant des jeunes et des femmes pour cette approche.
Le recours à la main-d’œuvre locale s’est également renforcé, y compris avec l’implication d’ex-combattants séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le dispositif favorise par ailleurs la valorisation du savoir-faire local et l’utilisation de matériaux produits et transformés au Cameroun, notamment pour les infrastructures en blocs de terre comprimée.
Le MINEPAT souhaite désormais aller plus loin. Il préconise notamment de rendre obligatoire l’intégration du HIMO dans les investissements publics, y compris les grands projets, et de mettre en place la validation des acquis de l’expérience pour les travailleurs concernés.
L’intégration de modules HIMO dans les centres de formation professionnelle et les établissements d’enseignement supérieur est également envisagée.
Le PIISAH affiche des résultats
Le Comité de direction a également examiné les avancées du PIISAH. Dans les bassins de production, 350 464 hectares ont été sécurisés dans la Plaine centrale, tandis que 9 018 hectares de périmètres hydroagricoles ont été aménagés.
À cela s’ajoutent 122 hectares de périmètres semenciers mis en place par l’IRAD et 391 km de routes répartis sur 13 itinéraires actuellement en cours de désenclavement.
Sur le volet agricole et halieutique, 670 tonnes de semences certifiées ont été produites en 2025 par l’IRAD. La PAMOL a également mis à disposition 56 492 plants de palmier à huile, tandis que 85 000 doses de vaccins contre la fièvre aphteuse ont été déployées par le LANAVET.
Une unité de transformation du riz d’une capacité de 10 tonnes par heure a par ailleurs été installée à Ndop.
38 milliards FCFA pour soutenir la production
Le financement constitue un autre volet important du PIISAH. 38 milliards de FCFA de dotations ont été accordés à la Banque camerounaise des PME (BC-PME) afin de soutenir des crédits à taux bonifiés de 3 %.
Ces efforts commencent à se traduire dans les échanges extérieurs. Les importations alimentaires sont passées de 65 milliards de FCFA en janvier 2025 à 54 milliards en janvier 2026, soit une baisse de 11 milliards de FCFA.
Le recul concerne notamment les importations de riz et de maïs.
Pour Alamine Ousmane Mey, ces résultats doivent toutefois être amplifiés. Le ministre demande notamment une meilleure communication autour des réalisations du PIISAH et une promotion accrue des produits « Made in Cameroon ».
Il appelle également à renforcer la coordination entre les différents acteurs et à poursuivre les efforts de régulation des flux à l’entrée afin de favoriser la production locale.
Transformer les projets en résultats concrets
Au-delà des deux dossiers examinés, le ministre a insisté sur la nécessité d’améliorer l’efficacité de l’action du MINEPAT.
Il a notamment demandé de renforcer la coordination autour de l’approche HIMO et de poursuivre le plaidoyer auprès du ministère des Finances pour mettre en place un mécanisme de financement adapté aux groupes communautaires de jeunes et de femmes.
Pour le ministre, la construction d’une économie de production s’inscrit nécessairement dans la durée.
Cette orientation intervient alors que le Cameroun cherche à transformer sa résilience économique en véritable accélérateur de croissance. Le Rapport sur l’économie camerounaise 2025 situe la croissance du PIB à 3,5 %, tandis que les travaux de programmation budgétaire pour la période 2027-2029 mettent l’accent sur la maturation des projets et l’amélioration de la qualité de l’investissement public.
Le suivi des recommandations du précédent Comité de direction montre par ailleurs une progression de 11 %, signe d’une amélioration dans la mise en œuvre des décisions.
Alamine Ousmane Mey veut désormais franchir une nouvelle étape : accélérer la réalisation des projets afin qu’ils produisent des effets tangibles sur l’emploi, la production locale et les conditions de vie des populations.







