Les grandes fortunes africaines poursuivent leur ascension. Selon le Bloomberg Billionaires Index, les milliardaires du continent ont vu leur richesse cumulée augmenter de 21,9 milliards de dollars en 2025, confirmant une dynamique haussière largement déconnectée des difficultés économiques et sociales que traversent de nombreux pays africains.
Abdul Samad Rabiu, grand gagnant de l’année
La plus forte progression revient au Nigérian Abdul Samad Rabiu, président du BUA Group. Sa fortune aurait augmenté de 6,2 à 9,35 milliards de dollars sur l’année, un bond spectaculaire qui le propulse à la 7ᵉ place des milliardaires africains et au 383ᵉ rang mondial.
Cette envolée est principalement portée par ses participations dans BUA Cement et BUA Foods, deux piliers industriels cotés à la Bourse de Lagos. En août 2025, Rabiu est d’ailleurs devenu le plus riche investisseur du Nigerian Exchange Group, renforçant son statut de figure montante du capitalisme africain.
Dangote reste intouchable au sommet
Malgré la percée de Rabiu, Aliko Dangote conserve son titre d’homme le plus riche d’Afrique. Avec une fortune estimée à 29,9 milliards de dollars, en hausse de 1,87 milliard sur l’année, l’industriel nigérian occupe la 76ᵉ place mondiale. Son empire, solidement ancré dans le ciment, l’agro-industrie et désormais le raffinage pétrolier, continue de dominer le paysage économique africain.
L’Afrique du Sud et l’Égypte bien représentées
À la 2ᵉ place africaine, le Sud-Africain Johann Rupert, fondateur et principal actionnaire du groupe de luxe Richemont (Cartier, Montblanc, Van Cleef & Arpels), affiche une fortune de 19,3 milliards de dollars, le classant 135ᵉ mondial.
Il est suivi par Nicky Oppenheimer, héritier de l’empire diamantaire De Beers et ancien dirigeant d’Anglo American, avec 13,8 milliards de dollars, au 226ᵉ rang mondial.
L’Égypte place deux représentants dans le haut du classement :
- Naguib Sawiris, patron d’Orascom Construction, 312ᵉ mondial avec 10,7 milliards de dollars ;
- Nassef Sawiris, industriel et investisseur, avec 9,52 milliards de dollars.
Le classement africain est complété par Nathan Kirsh, magnat des affaires en Eswatini, dont la fortune est estimée à 9,66 milliards de dollars.
Une richesse mondiale en explosion
À l’échelle mondiale, le Bloomberg Index montre que les ultra-riches n’ont jamais été aussi riches. La fortune cumulée des 500 plus grandes fortunes mondiales a progressé de 2 200 milliards de dollars, atteignant un record de 11 900 milliards de dollars, portée par la flambée des marchés actions, des cryptomonnaies et des métaux précieux.
Elon Musk domine largement le classement avec une fortune estimée à 645 milliards de dollars, dépassant à lui seul la richesse cumulée de Larry Page (270 milliards) et Jeff Bezos (254 milliards).
En Europe, seuls Bernard Arnault (LVMH), avec 204 milliards de dollars, et Amancio Ortega (Zara), avec 136 milliards, figurent dans un top 15 largement dominé par les milliardaires américains.
Une fracture économique de plus en plus visible
Cette progression spectaculaire des fortunes contraste avec l’aggravation des inégalités, notamment en Afrique. Elle alimente le débat mondial sur la fiscalité des ultra-riches, incarné par l’économiste français Gabriel Zucman, qui milite pour une taxe mondiale de 2 % sur le patrimoine des milliardaires.
Un débat auquel les chiffres du Bloomberg Billionaires Index apportent, année après année, un éclairage de plus en plus saisissant.









































