L’agriculture au Togo reste un pilier économique en 2025, employant près de deux tiers de la population active et contribuant à plus de 40 % du PIB. Avec 3,6 millions d’hectares de terres cultivables, dont 1,4 million emblavés, le pays mise sur ce secteur pour nourrir sa population de 8,5 millions d’habitants et stimuler sa croissance, projetée à 6,2 % cette année selon les estimations du Conseil National du Crédit.
En 2025, l’agriculture togolaise bénéficie d’investissements massifs. Le Programme de Modernisation Agricole du Togo (ProMAT), soutenu par une enveloppe de 300 millions de dollars de la Banque mondiale, vise à moderniser les pratiques sur 7 200 hectares irrigués et à former plus de 340 000 agriculteurs, dont 114 000 femmes et 102 000 jeunes. La campagne céréalière 2023-2024 a atteint 1,5 million de tonnes, portée par le maïs, tandis que des projets comme l’agropole de Kara, financé à hauteur de 46,4 milliards FCFA, boostent les filières riz, soja et maïs. Par ailleurs, le Mécanisme Incitatif de Financement Agricole (MIFA) a débloqué des crédits pour 12 310 agriculteurs en 2024, renforçant l’accès aux intrants.
Malgré ces avancées, les défis restent nombreux. Seulement 37 % des ménages agricoles utilisent des engrais et 8 % des semences améliorées, tandis que l’irrigation concerne moins de 1 % des terres, rendant les cultures vulnérables aux sécheresses. La commercialisation stagne à 20 % de la production, freinée par de faibles infrastructures rurales et une adoption limitée des technologies. De plus, le changement climatique aggrave l’insécurité alimentaire, touchant 60 % des ruraux, malgré des subventions annuelles de 1,5 à 2 milliards FCFA pour les engrais.
Le Togo mise sur la jeunesse avec un programme FAO, lancé en avril 2025, qui forme des entrepreneurs dans les filières riz, sésame, anacarde et manioc. L’objectif est d’atteindre 500 000 tonnes de soja d’ici 2026 et de développer des chaînes de valeur locales, notamment via la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA). Cependant, les experts s’interrogent sur la viabilité de ces ambitions face aux lacunes en formation et à la dépendance aux importations, comme le riz, qui pèsent sur l’autosuffisance alimentaire.
Avec l’Accord de Libre-Échange Continental Africain (ZLECAf), le Togo cherche à devenir un hub agro-industriel, s’inspirant des succès du Ghana et du Bénin. Pourtant, la faible productivité du travail et les inégalités rurales, où 58,8 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, soulignent la nécessité d’une approche plus inclusive pour transformer réellement le secteur.










































