ZLECAf : la Somalie prépare son entrée dans le marché continental africain
La Somalie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son intégration commerciale africaine. Le pays prévoit de déposer en septembre 2026 son instrument de ratification de l’Accord instituant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ce qui ferait de la Somalie le 50e État partie à l’accord.
Cette perspective était au cœur de la visite officielle de trois jours effectuée en Somalie par Wamkele Mene, secrétaire général du Secrétariat de la ZLECAf, à l’invitation du gouvernement fédéral. Le responsable a notamment été reçu par le Premier ministre somalien, Hamza Abdi Barre, ainsi que par les ministres du Commerce et de l’Industrie et des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Au-delà de la ratification, les discussions ont surtout porté sur les conditions nécessaires pour permettre aux entreprises somaliennes de commercer effectivement dans le cadre de la ZLECAf.
Passer de la ratification à la première exportation
Pour le Secrétariat de la ZLECAf, l’enjeu n’est désormais plus uniquement juridique. Il s’agit de préparer concrètement la première expédition de marchandises somaliennes dans le cadre de l’accord.
Plusieurs étapes doivent encore être franchies : le dépôt officiel de l’instrument de ratification, l’intégration du tarif douanier électronique de la ZLECAf, la configuration des tarifs préférentiels applicables par les douanes et la finalisation, au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), des concessions tarifaires et des engagements encore en suspens concernant le commerce des services.
Le Secrétariat entend également accompagner les autorités somaliennes dans l’élaboration et la mise en œuvre de leur stratégie nationale relative à la ZLECAf.
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La Somalie dispose déjà d’une partie des outils nécessaires
Mogadiscio ne part pas de zéro. Une stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAf a été validée en novembre 2023, tandis qu’un comité national de mise en œuvre est déjà opérationnel.
La Somalie peut également s’appuyer sur son statut de partenaire de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE). Selon les éléments présentés lors de la visite, le pays pourrait reprendre 90 % du calendrier consolidé des concessions tarifaires de la CAE, les 10 % restants étant encore en cours de finalisation au niveau communautaire.
Le Secrétariat de la ZLECAf a par ailleurs présenté plusieurs instruments destinés à faciliter l’intégration commerciale du pays, notamment le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), le catalogue tarifaire électronique de la ZLECAf et le Fonds d’ajustement de la ZLECAf.
Le secteur privé réclame des solutions concrètes
La préparation de l’adhésion ne concerne pas uniquement les administrations publiques. Un dialogue organisé le 18 août a réuni la Chambre de commerce et d’industrie de Somalie, l’Association des fabricants somaliens et plusieurs entreprises.
Les acteurs privés ont identifié plusieurs besoins prioritaires, notamment l’accompagnement dans les démarches à effectuer après la ratification, le soutien aux secteurs d’exportation prioritaires et l’accès aux opportunités offertes par le marché africain dans les services, les télécommunications, la logistique, la finance et le commerce numérique.
La Chambre de commerce a également demandé la mise en place d’un mécanisme permanent de dialogue avec le Secrétariat de la ZLECAf, ainsi qu’une meilleure information des entreprises sur les instruments disponibles.
Pour les entreprises somaliennes, l’objectif est désormais de transformer l’ouverture du marché continental en opportunités commerciales réelles. Comme l’a résumé Yassine Ibar, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Somalie, les entreprises ont besoin de « certitude, de financements abordables et d’infrastructures fonctionnelles ».
Quels secteurs pour les exportations somaliennes ?
Les échanges entre les autorités et le Secrétariat ont également porté sur l’identification des secteurs dans lesquels la Somalie dispose déjà d’une base concurrentielle et pourrait rapidement développer ses exportations vers les autres marchés africains.
L’ouverture du marché continental pourrait notamment permettre aux entreprises somaliennes de diversifier leurs débouchés au-delà de leur environnement régional. Le Secrétariat de la ZLECAf entend ainsi accompagner le pays dans l’identification des secteurs prioritaires et dans la préparation de ses premières opérations commerciales sous le régime préférentiel de l’accord.
Cette démarche vise à faire de la ratification non pas une simple formalité institutionnelle, mais le point de départ d’une stratégie commerciale opérationnelle.
La Somalie bientôt 50e État partie
Si elle dépose effectivement son instrument de ratification en septembre 2026, comme l’a annoncé le ministère somalien du Commerce et de l’Industrie, la Somalie deviendra le 50e État partie à l’Accord instituant la ZLECAf.
Cette étape renforcerait encore la portée géographique de la zone de libre-échange, qui vise à créer un marché continental intégré pour les biens et les services.
Pour Mogadiscio, l’enjeu sera désormais de transformer cette adhésion en résultats économiques concrets : développement des exportations, amélioration de l’accès aux marchés africains, soutien aux entreprises et renforcement des capacités productives.
La visite de Wamkele Mene aura ainsi permis de faire évoluer le processus d’une logique de ratification vers un véritable programme de mise en œuvre, avec un objectif clairement affiché : permettre à la Somalie d’effectuer sa première expédition commerciale dans le cadre de la ZLECAf.








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