Côte d’Ivoire : Panoro Energy rachète la participation de DNO dans le bloc gazier CI-27
Le groupe pétrolier norvégien DNO ASA a annoncé, mercredi 19 août 2026, la cession de sa filiale ivoirienne DNO CI LLC à Panoro Energy, compagnie pétro-gazière cotée à la Bourse d’Oslo. L’opération porte indirectement sur une participation de 9,09% dans le bloc CI-27, l’un des principaux actifs gaziers de la Côte d’Ivoire.
L’accord, qui devrait être finalisé à la mi-septembre 2026, permet à Panoro Energy de renforcer sa présence en Afrique de l’Ouest et à DNO de recentrer son portefeuille sur ses activités en mer du Nord.
CI-27, un actif stratégique pour l’approvisionnement gazier ivoirien
Le bloc CI-27 est situé au large des côtes ivoiriennes et est exploité par Foxtrot International, en partenariat avec la Société nationale d’opérations pétrolières de Côte d’Ivoire (Petroci) et SECI SA.
Son importance pour l’économie ivoirienne tient principalement à sa production de gaz naturel. Le bloc fournit plus de 70% des besoins gaziers de la Côte d’Ivoire, selon les données communiquées dans le cadre de la transaction.
Le gaz produit est acheminé par gazoduc vers Abidjan, où il alimente notamment la production d’électricité. Le contrat de vente à long terme à prix fixe permet par ailleurs de limiter l’exposition de cette activité aux fluctuations internationales des prix du pétrole.
Le bloc produit également des liquides associés, notamment du pétrole et des condensats, dont une partie est destinée à une raffinerie locale.
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Une production de 195 millions de pieds cubes par jour
En 2025, la production brute du CI-27 s’est établie à environ 195 millions de pieds cubes de gaz par jour, auxquels s’ajoutaient 1 380 barils de liquides par jour.
L’actif présente également des coûts de production particulièrement compétitifs, estimés à environ 6 dollars par baril équivalent pétrole.
Les réserves brutes restantes à la date d’entrée en vigueur de l’opération sont estimées à 540 milliards de pieds cubes standard de gaz et 5 millions de barils de liquides. À cela s’ajoutent des ressources supplémentaires estimées à 380 milliards de pieds cubes de gaz et 9 millions de barils, offrant des possibilités de renouvellement et d’accroissement des réserves.
Ces ressources pourraient permettre au champ de poursuivre sa production au-delà de la durée actuelle du contrat de partage de production.
Une transaction pouvant atteindre 86,5 millions de dollars
Les deux sociétés présentent des valorisations légèrement différentes de l’opération.
DNO estime la transaction à 86,5 millions de dollars, comprenant 65,1 millions de dollars en numéraire et le transfert de 7 millions d’actions Panoro.
Panoro, de son côté, valorise l’acquisition à 80 millions de dollars, sur une base sans trésorerie ni dette, avec une date d’effet fixée rétroactivement au 1er janvier 2025.
Pour financer l’opération, Panoro prévoit d’émettre 7 millions de nouvelles actions au bénéfice de DNO. Ces titres représentent environ 21,3 millions de dollars et près de 4,9% du capital de Panoro après l’opération.
Le solde sera notamment financé par une émission obligataire de 50 millions de dollars, portant un taux d’intérêt de 10,25% et arrivant à échéance en 2031. L’émission a été entièrement souscrite par la Mauritius Commercial Bank (MCB) et des investisseurs historiques de Panoro.
DNO recentre sa stratégie sur la mer du Nord
Pour DNO, la cession s’inscrit dans une stratégie de recentrage géographique. Le groupe était entré en Côte d’Ivoire en octobre 2022 en rachetant l’actif à RAK Petroleum.
La compagnie norvégienne explique désormais privilégier ses activités en mer du Nord, où sa production globale approche 150 000 barils équivalent pétrole par jour.
Dans ce contexte, l’activité ivoirienne, de taille plus réduite au regard de l’ensemble du portefeuille du groupe, est devenue moins stratégique. DNO indique avoir obtenu un rendement annualisé d’environ 24% sur son investissement en Côte d’Ivoire.
Panoro renforce sa présence en Afrique
Pour Panoro Energy, l’acquisition constitue à l’inverse une opération d’expansion. Déjà présent en Guinée équatoriale, au Gabon, en Tunisie et en Afrique du Sud, le groupe fait ainsi son entrée sur le marché ivoirien.
L’opération lui apporte également une exposition importante au gaz naturel, puisque près de 95% des volumes associés à l’actif sont gaziers. Cette caractéristique contribue à diversifier le portefeuille de Panoro, tout en réduisant son exposition directe aux fluctuations du marché pétrolier.
Selon les objectifs annoncés par le groupe, l’acquisition devrait entraîner une hausse d’environ 23% de sa production globale et d’environ 11% de ses réserves prouvées et probables (2P).
Panoro vise désormais une production supérieure à 20 000 barils équivalent pétrole par jour à l’échelle du groupe.
Cinq nouveaux puits pour soutenir la production
L’opération intervient alors qu’un programme de forage est déjà engagé sur le champ de Foxtrot. Il prévoit cinq nouveaux puits, avec pour objectif de maintenir, voire d’augmenter, le niveau de production dans les prochaines années.
Pour Panoro, le potentiel du marché ivoirien repose ainsi non seulement sur les réserves existantes du CI-27, mais également sur les possibilités d’extension et de développement de l’actif.
Cette acquisition marque donc un double mouvement : DNO réduit son exposition à l’Afrique de l’Ouest pour concentrer ses moyens sur la mer du Nord, tandis que Panoro utilise la Côte d’Ivoire comme nouveau point d’ancrage de sa stratégie de croissance africaine.







