Le gouvernement zambien a officiellement renoncé à la prolongation de douze mois de son programme d’aide avec le Fonds monétaire international (FMI), qui arrive à échéance fin janvier 2026. Cette décision met fin à la perspective d’un financement additionnel d’environ 145 millions de dollars, dans un contexte politique et économique particulièrement sensible pour le pays.
L’information a été confirmée par le FMI le mercredi 7 janvier, précisant que les autorités de Lusaka, après avoir initialement sollicité une extension d’un an de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), ont finalement décidé de ne pas aller au bout de cette démarche. La dernière revue du programme devrait néanmoins être soumise au conseil d’administration du FMI d’ici la fin du mois.
Une décision à forte portée politique
Aucune justification officielle n’a été avancée. Toutefois, ce revirement intervient alors que la Zambie se prépare à organiser des élections générales en août 2026 (présidentielle, législatives et municipales). Le pays fait face à une inflation à deux chiffres, à une grave pénurie d’électricité et à des pressions sociales croissantes, un contexte peu propice à la poursuite de réformes budgétaires strictes souvent associées aux programmes du FMI.
La prolongation du programme aurait permis à Lusaka de bénéficier d’un dernier décaissement estimé à 145 millions de dollars, alors même que le pays est en phase finale de restructuration de sa dette extérieure.
Des perspectives économiques en amélioration
Malgré ces tensions, les autorités zambiennes affichent un certain optimisme. La Zambie a profité ces dernières années de la flambée des prix du cuivre, sa principale ressource d’exportation. Le gouvernement table sur une amélioration notable des équilibres budgétaires en 2026, avec un déficit public attendu en baisse de plus de moitié et une croissance économique projetée au-delà de 6 %.
Cette amélioration anticipée pourrait expliquer, en partie, la décision de ne pas prolonger le programme, les autorités estimant disposer de marges de manœuvre suffisantes pour poursuivre leur trajectoire économique sans nouvel appui financier du FMI.
Un programme central depuis la crise de la dette
Pour rappel, le FMI avait approuvé en août 2022 une Facilité élargie de crédit de 1,3 milliard de dollars en faveur de la Zambie, portée à 1,7 milliard de dollars en juin 2024. À ce jour, environ 1,55 milliard de dollars ont déjà été décaissés.
Le programme visait à soutenir le huitième plan national de développement, avec des priorités claires : stabilisation macroéconomique, restauration de la viabilité de la dette, amélioration de la gouvernance publique et promotion d’une croissance plus inclusive.
Un héritage encore fragile
La Zambie reste marquée par son défaut de paiement sur la dette extérieure en 2020, un événement qui avait conduit le pays à solliciter, en février 2021, la restructuration de près de 13 milliards de dollars de dette dans le cadre du Cadre commun du G20.
Le renoncement à la prolongation du programme FMI ouvre désormais une nouvelle phase pour Lusaka : celle d’un pilotage économique plus autonome, mais aussi plus exposé aux chocs, à l’approche d’échéances politiques décisives.









































