La Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a considérablement renforcé son dispositif de supervision en 2025. Alors que le nombre de missions de vérification est resté quasiment stable sur un an, les mesures correctives et disciplinaires ont fortement progressé.
Le régulateur a ainsi multiplié les injonctions, blâmes et sanctions pécuniaires, traduisant une volonté accrue de faire respecter les exigences prudentielles et les règles applicables aux établissements financiers de l’Union.
Deux fois plus d’injonctions en un an
En 2025, la Commission bancaire a adressé 40 injonctions à 37 établissements de crédit, contre 20 injonctions concernant 12 établissements en 2024.
Le nombre d’injonctions a donc doublé en un an, tandis que le périmètre de la supervision corrective s’est également étendu à d’autres catégories d’acteurs.
Deux institutions de microfinance et un établissement de monnaie électronique ont notamment fait l’objet d’injonctions au cours de l’exercice.
Sur le plan géographique, la Côte d’Ivoire arrive en tête avec 10 établissements concernés. Elle est suivie du Bénin, avec six entités, puis du Burkina Faso et du Togo, avec cinq établissements chacun.
Le Mali et le Sénégal comptent quatre établissements concernés chacun, tandis que le Niger en compte trois.
Le blanchiment et la gouvernance au centre des contrôles
Les manquements relevés couvrent plusieurs domaines essentiels de la réglementation financière.
La Commission bancaire a notamment demandé aux établissements concernés de renforcer leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Le régulateur a également ciblé le contrôle interne, la gestion des risques, la gouvernance et le respect des normes prudentielles.
Dans plusieurs cas, les établissements ont été sommés de mettre en œuvre des mesures correctives pour remédier aux insuffisances identifiées lors des missions de vérification.
Le superviseur a par ailleurs demandé à trois structures récemment retirées de la liste des établissements bancaires d’importance systémique de maintenir pendant une année certaines fonctions et instances liées à leur ancien statut. Une mesure destinée à éviter qu’un changement de catégorie n’entraîne un relâchement immédiat des dispositifs de contrôle.
Les blâmes plus que doublent
La pression s’est également accentuée sur le plan disciplinaire. La Commission bancaire a prononcé 30 blâmes en 2025, contre 14 en 2024.
Parmi ces mesures, 28 ont concerné des établissements de crédit et deux des institutions de microfinance.
Le régulateur a également prononcé six avertissements, dont cinq visant des établissements de crédit et un établissement de monnaie électronique. Ce nombre reste identique à celui enregistré en 2024.
À l’exception d’un cas, les sanctions disciplinaires prononcées en 2025 ont également été accompagnées de sanctions pécuniaires.
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Les sanctions financières bondissent de 118,8 %
C’est toutefois au niveau des sanctions financières que le durcissement apparaît le plus nettement.
La Commission bancaire a prononcé 35 sanctions pécuniaires en 2025, contre 16 en 2024, soit une progression de 118,8 %.
Ces sanctions ont concerné 33 établissements de crédit, une institution de microfinance et un établissement de monnaie électronique.
En 2024, les 16 sanctions pécuniaires avaient concerné dix établissements de crédit, trois systèmes financiers décentralisés, une compagnie financière et deux établissements de monnaie électronique.
Sur les cinq dernières années, le nombre annuel de décisions disciplinaires et pécuniaires a fluctué entre 24 et 71, pour une moyenne de 44 sanctions par an.
Un nombre de contrôles presque stable
Le renforcement des mesures intervient alors même que le volume des contrôles n’a pratiquement pas augmenté.
Le nombre d’entités supervisées est passé de 478 en 2024 à 493 en 2025, soit 15 entités supplémentaires.
En revanche, la Commission bancaire a réalisé 82 missions de vérification en 2025, contre 83 l’année précédente.
Autrement dit, avec un nombre de missions quasiment identique et un périmètre de supervision légèrement plus large, le régulateur a abouti à un nombre beaucoup plus important de mesures correctives et de sanctions.
Une supervision financière plus stricte
Les chiffres de 2025 traduisent donc un changement notable dans l’intensité de la supervision bancaire et financière au sein de l’UMOA.
Les injonctions sont passées de 20 à 40, les blâmes de 14 à 30 et les sanctions pécuniaires de 16 à 35. Seuls les avertissements sont restés stables, à six.
Cette évolution témoigne d’une volonté du régulateur de renforcer la discipline au sein du secteur financier régional, notamment sur les questions de gouvernance, de gestion des risques, de conformité et de lutte contre les flux financiers illicites.
Pour les établissements de l’UMOA, le message est désormais clair : l’expansion du secteur financier régional doit s’accompagner d’un respect plus rigoureux des exigences réglementaires et prudentielles.







