Aide internationale : une chute historique de l’APD en 2025
Un recul inédit depuis une décennie
L’aide publique au développement (APD) a connu en 2025 sa plus forte baisse jamais enregistrée. Selon Organisation de coopération et de développement économiques, les flux d’aide ont chuté de 23,1 % en termes réels par rapport à 2024.
Le montant total s’établit désormais à 174,3 milliards de dollars, contre 214,6 milliards un an plus tôt, soit 0,26 % du revenu national brut (RNB) des pays donateurs, en recul par rapport à 0,34 % en 2024.
Ce niveau ramène l’APD à des seuils comparables à ceux observés en 2015, lors de l’adoption du programme international de développement durable à l’horizon 2030.
Les grandes puissances à l’origine du recul
La baisse est largement imputable aux principaux donateurs. Pour la première fois, les cinq plus grands contributeurs ont simultanément réduit leur aide :
• Allemagne (29,1 milliards USD), désormais premier donateur mondial
• États-Unis (29,0 milliards USD)
• Royaume-Uni (17,2 milliards USD)
• Japon (16,2 milliards USD)
• France (14,5 milliards USD)
À eux seuls, ces pays représentent 95,7 % de la baisse globale. Les États-Unis enregistrent la réduction la plus marquée, avec un recul de 56,9 %.
Seuls huit des 34 membres du Comité d’aide au développement (CAD) ont maintenu ou augmenté leur aide. Quatre pays – le Danemark, le Luxembourg, la Norvège et la Suède – ont dépassé l’objectif de 0,7 % du RNB fixé par les Nations unies.
Une pression accrue sur les pays en développement
Cette contraction intervient dans un contexte déjà tendu pour les économies en développement, confrontées à des pressions budgétaires, à l’endettement et aux chocs géopolitiques.
Selon le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, cette baisse souligne la nécessité « de maximiser l’impact des ressources disponibles » et de mobiliser davantage de financements alternatifs. Les besoins restent pourtant élevés, notamment en matière de sécurité alimentaire, d’infrastructures et de transition climatique.
Une aide réorientée et en baisse généralisée
L’aide bilatérale destinée aux programmes de développement de base a chuté de 26,3 %, marquant un recul inédit. Les financements humanitaires (-35,8 %) et ceux liés à l’accueil des réfugiés (-22,1 %) sont également en baisse. Dans le même temps, l’aide à l’Ukraine a diminué de 38,2 % en bilatéral, mais augmente globalement à 44,9 milliards USD en incluant les contributions des institutions européennes, un niveau record pour un seul pays.
Vers une nouvelle baisse en 2026
Les perspectives restent préoccupantes. L’OCDE anticipe une nouvelle contraction de 5,8 % en 2026, confirmant une tendance baissière de l’aide internationale.
Pour Carsten Staur, président du CAD, cette évolution est « extrêmement préoccupante » dans un contexte de besoins humanitaires croissants et d’instabilité mondiale.
Un enjeu majeur pour le financement du développement
Cette chute de l’APD intervient à un moment critique, où les pays les plus vulnérables ont besoin de financements massifs pour soutenir leur croissance, renforcer leur résilience et faire face aux crises multiples.
Dans ce contexte, la mobilisation de financements privés, le renforcement des mécanismes multilatéraux et l’innovation financière apparaissent plus que jamais indispensables pour compenser le recul de l’aide publique.







