UEMOA : une croissance de 6 % au deuxième trimestre, malgré un environnement mondial plus incertain
L’économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) conserve un rythme d’expansion soutenu. Au deuxième trimestre 2026, le PIB réel de l’Union a progressé de 6,0 % sur un an, après 6,1 % au premier trimestre. Une performance qui confirme la résilience de l’activité régionale, alors même que l’environnement international reste marqué par les tensions géopolitiques, le renchérissement de l’énergie et des conditions financières encore contrastées.
La dynamique régionale apparaît d’autant plus notable que l’économie mondiale évolue dans un contexte moins homogène. Les investissements dans l’intelligence artificielle ont notamment soutenu l’activité mondiale au deuxième trimestre, tandis que les perturbations des chaînes d’approvisionnement liées aux conflits au Moyen-Orient et en Ukraine continuent de peser sur les échanges.
Aux États-Unis, la croissance est revenue à 2,1 %, contre 2,7 % trois mois auparavant. En zone euro, elle s’est en revanche accélérée à 1,2 %, contre 0,6 %. Parmi les économies émergentes, la Chine a enregistré une croissance de 4,3 %, tandis que le Nigeria a progressé de 4,1 %. Le Ghana, lui, a vu son rythme ralentir à 4,8 %, contre 6,4 % au trimestre précédent.
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Une inflation toujours contenue dans l’Union
L’un des principaux points de stabilité de la conjoncture régionale demeure l’évolution des prix.
L’inflation dans l’UEMOA s’est établie à 0,4 % au deuxième trimestre 2026, après -0,2 % au premier trimestre. Cette remontée reste toutefois modérée et s’explique principalement par deux facteurs : le renchérissement des transports et l’atténuation de la baisse des prix alimentaires.
L’inflation sous-jacente s’est, pour sa part, établie à 0,8 %, contre 1,3 % trois mois plus tôt.
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Cette situation contraste avec l’accélération observée dans plusieurs grandes économies. En juin, l’inflation atteignait ainsi 3,7 % aux États-Unis, 2,8 % dans la zone euro, 5,0 % en Afrique du Sud, 15,9 % au Nigeria et 5,3 % au Ghana.
Mais cette stabilité des prix dans l’UEMOA reste à surveiller. La hausse des cours du pétrole constitue en effet un facteur de transmission potentiel vers les coûts de transport, de production et d’importation.
Le pétrole renchérit les risques sur les économies ouest-africaines
Le marché des matières premières a connu une forte tension au deuxième trimestre.
Les prix des produits énergétiques ont augmenté de 19,9 % sur un trimestre, après +20,6 % au premier trimestre. Le pétrole brut a particulièrement contribué à cette évolution, avec une progression de 24,4 %.
Pour les économies de l’UEMOA, cette évolution constitue un enjeu à double dimension. Les pays producteurs peuvent bénéficier d’une amélioration de leurs recettes d’exportation, tandis que les économies fortement dépendantes des importations énergétiques sont davantage exposées à l’augmentation de leurs coûts.
Dans le même temps, les matières premières hors pétrole exportées par l’Union ont vu leurs prix reculer de 2,7 % au deuxième trimestre, après -1,3 % au trimestre précédent. Le café et l’or ont notamment enregistré des baisses respectives de 7,9 % et 7,3 %.
Le risque est donc celui d’un effet de ciseau sur les termes de l’échange : énergie importée plus chère d’un côté, certaines recettes tirées des exportations de matières premières sous pression de l’autre.
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Le déficit budgétaire se creuse au premier semestre
Sur le front des finances publiques, la situation appelle davantage de vigilance.
Au premier semestre 2026, le déficit budgétaire global de l’UEMOA, sur une base engagements et dons compris, a atteint 2 492,9 milliards de FCFA, soit 3,4 % du PIB, contre 2 355,3 milliards, ou 3,2 % du PIB, un an auparavant.
La détérioration reste limitée en termes de ratio, mais elle intervient alors que plusieurs États doivent simultanément financer les investissements, soutenir les populations face aux chocs extérieurs et préserver leurs équilibres macroéconomiques.
Les projections indiquent d’ailleurs un déficit de 3,5 % du PIB en 2026, contre 3,2 % en 2025, avant un retour à 3,1 % en 2027.
Le ratio de dette publique devrait, lui, rester relativement stable : 63,6 % du PIB en 2026, contre 63,3 % en 2025, avant de redescendre à 60,8 % en 2027.
Les finances publiques face au choc énergétique
La dégradation attendue en 2026 est notamment liée aux mesures temporaires prises par certains États pour limiter les effets socio-économiques de la crise au Moyen-Orient.
Autrement dit, le choc extérieur ne se transmet pas uniquement aux consommateurs et aux entreprises. Il peut également se transformer en pression supplémentaire sur les budgets publics, notamment à travers les mesures de soutien aux ménages et aux secteurs économiques.
La balance des paiements reste excédentaire
L’évolution des comptes extérieurs apporte en revanche un élément de soutien important.
Au deuxième trimestre 2026, le solde global de la balance des paiements de l’UEMOA a affiché un excédent de 2 483,6 milliards de FCFA, contre 1 787,5 milliards un an plus tôt. L’amélioration atteint ainsi 696,1 milliards de FCFA.
Cette progression s’explique principalement par la réduction du déficit du compte des transactions courantes. Celui-ci est revenu à 0,4 % du PIB, contre 2,5 % un an auparavant.
Le compte financier a cependant apporté une contribution moins importante, les entrées nettes de ressources ayant diminué de 24,6 % sur un an.
Cette configuration montre que l’amélioration des équilibres extérieurs repose davantage sur la dynamique des transactions courantes, tandis que les flux de capitaux demeurent un paramètre à surveiller.
La BCEAO accompagne l’amélioration de la liquidité
Sur le terrain monétaire, la tendance est plus favorable.
Les conditions monétaires se sont globalement détendues au deuxième trimestre, dans un contexte d’amélioration de la liquidité bancaire et après la réduction de 25 points de base des taux directeurs de la BCEAO en mars 2026.
Le taux moyen pondéré du marché interbancaire, toutes maturités confondues, a diminué de 51 points de base, pour atteindre 4,0 %.
Le coût moyen des nouveaux crédits a également légèrement reculé. Le taux débiteur moyen, hors taxes et charges, s’est établi à 6,67 %, contre 6,70 % au trimestre précédent.
Cette détente commence à se refléter dans le financement de l’économie. Les crédits au secteur privé ont progressé de 6,6 %, contre 6,0 % trois mois auparavant, avec une accélération particulièrement visible pour les sociétés non financières, dont les crédits ont augmenté de 7,2 %.
Une masse monétaire en forte progression
À fin juin 2026, la masse monétaire atteignait 11 421,1 milliards de FCFA, en hausse de 20,9 % sur un an.
Cette progression est principalement liée à l’augmentation des actifs extérieurs nets, qui ont bondi de 115,1 % à 9 579,5 milliards de FCFA. Les créances intérieures ont également progressé de 4,8 %, à 3 022,9 milliards.
La combinaison d’une amélioration des avoirs extérieurs et d’une progression du crédit constitue ainsi l’un des éléments importants de la configuration monétaire actuelle de l’Union.
La BRVM confirme son accélération
Les marchés financiers régionaux ont également poursuivi leur progression.
Au deuxième trimestre 2026, le BRVM Composite a augmenté de 11,0 %, après une hausse beaucoup plus forte de 18,1 % au trimestre précédent.
La capitalisation boursière globale a progressé de 7,2 % sur le trimestre, grâce à la hausse simultanée du marché des actions (+7,7 %) et de celui des obligations (+6,6 %).
Sur un an, la capitalisation globale de la BRVM affichait une progression de 30,9 % à fin juin 2026.
Cette évolution traduit un approfondissement de l’activité des marchés de capitaux de l’Union, alors même que les États cherchent parallèlement à diversifier leurs sources de financement.
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6,1 % de croissance attendue en 2026
Les perspectives demeurent favorables à court terme.
La croissance de l’UEMOA est projetée à 6,1 % en 2026, après 6,5 % en 2025, puis à 6,2 % en 2027.
Les industries extractives et manufacturières, le commerce, les services ainsi que la campagne agricole 2026/2027 devraient continuer à soutenir l’activité.
Mais cette trajectoire n’est pas exempte de risques. La conjoncture internationale, les tensions géopolitiques, la situation sécuritaire dans certains pays membres et les effets du changement climatique constituent autant de variables susceptibles de modifier les perspectives.
L’excédent extérieur devrait néanmoins diminuer
La principale inflexion concerne les comptes extérieurs.
Après un excédent global de 7 027,6 milliards de FCFA en 2025, celui-ci devrait revenir à 3 427,3 milliards en 2026, puis à 1 523,1 milliards en 2027.
La dégradation des termes de l’échange constitue l’un des principaux facteurs explicatifs. Ceux-ci devraient reculer de 2,3 % en 2026 et de 7,5 % en 2027, notamment sous l’effet de la hausse des prix pétroliers et du recul attendu de certaines matières premières exportées, dont le cacao.
Le déficit du compte courant pourrait ainsi atteindre 1,6 % du PIB en 2026, puis 2,7 % en 2027, contre 1,0 % en 2025.
Les entrées nettes de capitaux devraient toutefois permettre de couvrir les besoins de financement extérieur, avec des montants projetés à 4 349,9 milliards de FCFA en 2026 et 4 647,8 milliards en 2027.
Une inflation appelée à remonter, sans sortir de la cible
Après une inflation moyenne annuelle de seulement 0,0 % en 2025, l’UEMOA devrait connaître une remontée progressive des prix.
Le taux moyen est attendu à 1,0 % en 2026, puis 1,9 % en 2027, restant ainsi dans la zone cible de 1 % à 3 %.
Cette évolution intégrerait notamment la transmission du choc énergétique et le redressement attendu des prix des produits alimentaires importés en 2027.
La balance des risques reste cependant orientée à la hausse. Les principaux points de vigilance concernent les prix du pétrole et des denrées alimentaires importées, mais également les coûts des engrais, du transport et du fret.
À l’inverse, une bonne campagne céréalière en 2026/2027 pourrait contribuer à contenir les tensions sur les prix.
Une équation régionale encore favorable, mais plus exigeante
Les données du deuxième trimestre dessinent finalement une UEMOA en croissance, avec une inflation contenue et des conditions monétaires plus souples, mais confrontée à un environnement extérieur nettement plus complexe.
La croissance de 6 % et la progression du crédit constituent des signaux favorables. L’amélioration de la balance des paiements et la forte progression de la capitalisation boursière renforcent également cette dynamique.
Mais trois variables méritent une attention particulière : le coût de l’énergie, la trajectoire des finances publiques et l’évolution des termes de l’échange.
C’est précisément sur ces trois fronts que se jouera une partie de la capacité de l’Union à transformer son rythme de croissance actuel en une expansion durable, tout en préservant la stabilité macroéconomique et le pouvoir d’achat des ménages.








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