Tony Elumelu quittera la présidence du groupe UBA après douze ans de mandat
Une page importante de l’histoire bancaire africaine s’apprête à se tourner. Le milliardaire nigérian Tony Elumelu quittera la présidence du conseil d’administration de United Bank for Africa le 21 août 2026, après douze années à la tête de l’institution. Son départ, imposé par les nouvelles règles de gouvernance bancaire au Nigeria, marque la fin d’un mandat durant lequel UBA s’est imposée comme l’un des principaux groupes financiers du continent.
Le conseil d’administration a déjà désigné son successeur, Emmanuel N. Nnorom, administrateur non exécutif de longue date et banquier expérimenté, afin d’assurer la continuité de la stratégie de développement du groupe.
Un départ dicté par les règles de gouvernance
Cette transition intervient à la suite des nouvelles dispositions adoptées par la Banque centrale du Nigeria visant à renforcer la gouvernance des établissements financiers.
Le régulateur limite désormais à douze ans la durée cumulée des mandats des administrateurs non exécutifs des banques commerciales. Arrivé à la présidence du conseil d’administration d’UBA en 2014, Tony Elumelu atteint ainsi la limite réglementaire.
Le groupe présente cette succession comme une transition planifiée destinée à préserver la stabilité de sa gouvernance.
Douze années de transformation pour UBA
Sous la présidence de Tony Elumelu, UBA a considérablement renforcé son envergure internationale.
Le groupe revendique aujourd’hui plus de 50 millions de clients, une présence dans 20 pays africains ainsi que des implantations sur quatre continents, faisant de la banque l’un des réseaux financiers africains les plus étendus.
Cette stratégie d’expansion a permis à UBA de consolider son rôle dans le financement des entreprises, des États et des investisseurs à travers l’Afrique.
Lire aussi : Seplat Energy : Tony Elumelu prendra la présidence du Conseil d’administration en 2027
« Une institution capable de survivre aux individus »
Dans un message publié sur LinkedIn, Tony Elumelu a présenté son départ comme une étape naturelle dans la vie de l’institution.
« Le leadership ne consiste pas à conserver un poste, mais à savoir quand une institution est prête pour son prochain chapitre. »
L’homme d’affaires estime avoir atteint l’objectif qu’il s’était fixé : construire une institution durable capable de poursuivre son développement indépendamment de ses dirigeants.
« Nous avons pris une banque nigériane pour en faire une banque africaine, la banque mondiale de l’Afrique », a-t-il déclaré, en référence à l’expansion internationale du groupe.
Il a également appelé les collaborateurs, actionnaires, régulateurs et clients à soutenir son successeur, exprimant sa confiance dans les capacités d’Emmanuel N. Nnorom à poursuivre cette dynamique.
Une figure incontournable du secteur privé africain
Au-delà d’UBA, Tony Elumelu est considéré comme l’une des personnalités les plus influentes de la finance africaine.
À travers son groupe d’investissement Heirs Holdings, il est présent dans les services financiers, l’énergie, la production d’électricité, la santé, l’hôtellerie et les technologies.
Il est également reconnu pour son engagement en faveur de l’entrepreneuriat via la Tony Elumelu Foundation, qui accompagne chaque année des milliers de jeunes entrepreneurs dans les 54 pays africains.
L’Africapitalisme au cœur de son engagement
Dans son message d’adieu, Tony Elumelu a indiqué que son départ d’UBA ne marquait pas un retrait de la vie économique.
Il entend poursuivre son engagement en faveur du développement du continent, notamment à travers la promotion de l’Africapitalisme, une vision selon laquelle le secteur privé africain doit jouer un rôle central dans la création de richesse, d’emplois et de valeur durable.
« Ce n’est pas une fin, mais un nouveau chapitre dans mon engagement à construire des institutions africaines durables », a-t-il conclu.







