Kenya : la Bourse de Nairobi prépare le premier ETF IA d’Afrique de l’Est
La Bourse de Nairobi (NSE) envisage de lancer, d’ici la fin de l’année, le premier fonds indiciel coté (ETF) d’Afrique de l’Est consacré aux entreprises évoluant dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Cette initiative, rapportée par Reuters, s’inscrit dans la stratégie de diversification des produits financiers de la place boursière kényane et vise à répondre à l’intérêt croissant des jeunes investisseurs pour les valeurs technologiques.
Un accès simplifié aux géants mondiaux de l’intelligence artificielle
Selon le directeur général de la NSE, Frank Mwiti, ce nouvel ETF permettra aux investisseurs d’acquérir, en une seule transaction, un portefeuille d’entreprises fortement exposées à l’intelligence artificielle, sans avoir à acheter individuellement des actions sur les marchés internationaux.
Le fonds pourrait inclure des sociétés de référence telles que Microsoft, Anthropic ou OpenAI. Il serait libellé en shilling kényan, afin de limiter l’exposition des investisseurs locaux au risque de change lié aux fluctuations des devises étrangères.
Pour la Bourse de Nairobi, ce produit répond à une évolution des comportements d’investissement, notamment chez les jeunes épargnants, qui manifestent un intérêt croissant pour les secteurs innovants plutôt que pour les industries traditionnelles.
Un lancement encore soumis au feu vert du régulateur
Le projet est actuellement examiné avec l’Autorité kényane des marchés financiers. Son lancement reste toutefois conditionné à l’approbation du régulateur.
Les responsables de la NSE n’excluent pas un report si les valorisations des entreprises liées à l’intelligence artificielle continuent de progresser à un rythme jugé excessif. Plusieurs analystes internationaux mettent en garde contre un risque de surévaluation des valeurs technologiques, susceptible d’alimenter une bulle spéculative.
Un second ETF consacré aux cryptomonnaies à l’étude
Parallèlement, la Bourse de Nairobi travaille sur un deuxième fonds indiciel qui serait investi dans des actifs numériques tels que le Bitcoin, l’Ethereum et Solana.
La concrétisation de ce projet dépend toutefois de l’adoption d’un cadre réglementaire spécifique aux cryptomonnaies au Kenya, encore en cours d’élaboration.
Une Bourse portée par une dynamique favorable
Cette diversification intervient dans un contexte particulièrement favorable pour le marché financier kényan. Depuis le début de l’année, l’indice principal de la NSE affiche une progression de plus de 30 %, soutenue par l’amélioration des résultats des entreprises, une inflation maîtrisée et une plus grande stabilité du marché des changes.
Toujours selon Reuters, la capitalisation boursière des sociétés cotées a atteint un niveau record de 4 000 milliards de shillings, soit environ 30,95 milliards de dollars. Le directeur général de la Bourse estime que ce montant pourrait atteindre 5 000 milliards de shillings avant la fin de l’année.
La démocratisation de l’investissement en actions contribue également à cette dynamique. Depuis février, l’opérateur télécom Safaricom permet à ses utilisateurs d’acheter des actions directement via sa plateforme de paiement mobile M-Pesa. Cette innovation aurait déjà permis d’attirer près d’un million de nouveaux investisseurs sur le marché financier kényan.
Si le projet obtient les autorisations nécessaires, la Bourse de Nairobi deviendrait la première place financière d’Afrique de l’Est à proposer un ETF dédié à l’intelligence artificielle, renforçant ainsi son positionnement comme hub régional de l’innovation financière.







