Togo : le Grand-Lomé s’approprie le Schéma national d’aménagement du territoire
Après les cinq régions administratives, le Grand-Lomé a accueilli à son tour la campagne nationale de vulgarisation du Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT). Du 10 au 18 août 2026, le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme a organisé une série de rencontres à Dapaong, Kara, Sokodé, Atakpamé, Tsévié et Lomé afin de présenter les orientations du document et les conditions de sa mise en œuvre.
L’objectif est désormais de favoriser l’appropriation du SNAT par les acteurs territoriaux et de faire en sorte que ses orientations soient intégrées dans les politiques, programmes et projets de développement.
Un cadre de planification jusqu’en 2045
Le SNAT constitue le cadre de référence national pour l’organisation et le développement du territoire à long terme. Sa vision à l’horizon 2045 vise notamment à réduire les disparités entre les régions et à l’intérieur de celles-ci, à renforcer la complémentarité entre les territoires et à améliorer les conditions de vie des populations.
Cette démarche s’inscrit dans une politique d’aménagement du territoire engagée depuis 2009, avec l’adoption de la Politique nationale d’aménagement du territoire. Elle a ensuite été renforcée par la loi-cadre de 2016.
L’enjeu est ainsi de disposer d’une meilleure cohérence entre les politiques publiques, la localisation des infrastructures et les besoins de développement des différents territoires.
Six documents structurent le dispositif
Le processus d’élaboration du SNAT a abouti à six livrables, validés en janvier 2024 :
- le rapport d’orientation méthodologique ;
- le bilan-diagnostic ;
- le document du SNAT ;
- le dispositif de suivi-évaluation ;
- la stratégie de communication ;
- l’Atlas de développement.
La campagne de vulgarisation vise précisément à permettre aux différents acteurs de mieux comprendre ces documents et de les intégrer dans leurs interventions.
« La tournée nationale de partage des résultats du SNAT vise à favoriser l’appropriation de ces six livrables, validés en janvier 2024, et à encourager leur prise en compte dans les politiques, stratégies et programmes sectoriels », ont indiqué les responsables du ministère.
L’application des orientations du schéma concerne notamment l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé et les autres acteurs du développement.
Le Grand-Lomé face à une forte pression démographique
La question de l’aménagement revêt une importance particulière dans le Grand-Lomé, où la croissance démographique accentue les besoins en infrastructures, en logements et en services.
Entre 2010 et 2022, la population de l’agglomération est passée de 1,57 million à 2,18 millions d’habitants, sur une superficie de 373 km².
Dans ce contexte, le SNAT doit notamment contribuer à une meilleure orientation des investissements et à une localisation plus cohérente des infrastructures et des équipements.
Les autorités encouragent ainsi les acteurs territoriaux à intégrer les orientations nationales dans leurs politiques et plans de développement.
Vers une meilleure articulation entre les niveaux de planification
La mise en œuvre du SNAT doit également s’appuyer sur les commissions régionales et locales d’aménagement. Celles-ci sont appelées à participer aux choix, à la conception et à la préparation des programmes et projets territoriaux.
Cette articulation entre les orientations nationales et les décisions locales doit permettre d’éviter une planification fragmentée et de mieux coordonner les investissements sur l’ensemble du territoire.
Le processus se poursuit d’ailleurs au niveau local. En mai 2026, treize communes avaient validé leurs premiers Plans locaux d’urbanisme. Les autorités prévoient également l’élaboration de schémas régionaux d’aménagement, destinés à assurer une meilleure cohérence entre les décisions prises au niveau local et les orientations nationales.
À travers la vulgarisation du SNAT, le Togo cherche ainsi à passer d’un document de planification à un véritable outil de pilotage du développement territorial, avec l’ambition de réduire les déséquilibres entre les territoires et d’améliorer l’efficacité des investissements publics et privés à l’horizon 2045.







