Sénégal : les revenus du secteur extractif atteignent 303 milliards FCFA
Les revenus générés par le secteur extractif sénégalais ont fortement progressé au premier semestre 2025, atteignant 303,02 milliards de FCFA, contre 236,59 milliards de FCFA sur la même période un an auparavant.
Selon le dernier rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), cette évolution représente une hausse de 66,44 milliards de FCFA, soit 28,08 % en glissement annuel.
La progression intervient dans un contexte marqué par le démarrage des premiers projets pétroliers et gaziers du Sénégal, qui commencent à contribuer directement aux recettes publiques.
Près de 97 % des recettes versées au budget de l’État
Sur les 303,02 milliards de FCFA générés au cours des six premiers mois de 2025, 293,24 milliards de FCFA, soit 96,77 %, ont été directement versés au budget de l’État.
Cette forte proportion confirme l’importance croissante du secteur extractif dans la mobilisation des ressources publiques, alors que le Sénégal cherche à accroître ses recettes pour financer ses politiques publiques et ses investissements.
L’arrivée des hydrocarbures constitue à cet égard un changement majeur pour la structure des revenus extractifs du pays.
Sangomar génère 37,5 milliards FCFA
Le champ pétrolier Sangomar a ainsi généré 37,50 milliards de FCFA de recettes au premier semestre 2025 grâce à la commercialisation de la part revenant à l’État.
Selon le rapport de l’ITIE, ces montants ont été confirmés par la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor (DGCPT).
Cette contribution marque les premiers effets budgétaires significatifs de la production pétrolière sénégalaise, alors que le pays est entré dans une nouvelle phase de son développement extractif.
Lire aussi : Sénégal : leader mondial en transparence du secteur extractif
Le gaz de GTA commence également à contribuer
Le projet gazier Greater Tortue Ahmeyim (GTA), dont la production a démarré en 2025, a pour sa part généré 4,54 millions de dollars, soit environ 2,64 milliards de FCFA, selon les données communiquées dans le rapport.
Cette première contribution devrait progressivement prendre de l’importance à mesure que la production gazière monte en puissance.
Le démarrage simultané des projets pétroliers et gaziers ouvre ainsi une nouvelle source de recettes pour l’État sénégalais, tout en renforçant le poids des hydrocarbures dans l’économie nationale.
Les mines restent le premier contributeur
Malgré l’entrée en production des hydrocarbures, le secteur minier demeure de loin le principal contributeur aux recettes extractives du Sénégal.
Les activités minières ont généré 224,45 milliards de FCFA, soit 74,07 % des revenus extractifs enregistrés au premier semestre 2025.
Les hydrocarbures arrivent en deuxième position avec 75,95 milliards de FCFA, représentant 25,06 % du total.
Cette répartition montre que, malgré le démarrage de la production pétrolière et gazière, les mines continuent de constituer le socle des recettes issues des industries extractives.
Des paiements sociaux et environnementaux encore limités
Les paiements sociaux et environnementaux restent en revanche relativement faibles. Ils se sont établis à 2,62 milliards de FCFA, soit seulement 0,87 % des revenus extractifs enregistrés sur la période.
Cette faible proportion souligne l’importance des mécanismes de redistribution et des investissements destinés à renforcer les retombées économiques et sociales de l’exploitation des ressources naturelles.
Les hydrocarbures commencent à transformer la structure des recettes
La progression de 28 % des revenus extractifs au premier semestre 2025 constitue ainsi un indicateur important de l’évolution du modèle extractif sénégalais.
Le pays dispose désormais de deux moteurs complémentaires : un secteur minier toujours dominant et une industrie pétrolière et gazière en phase de montée en puissance.
À mesure que les projets Sangomar et GTA augmenteront leur contribution, le poids des hydrocarbures dans les recettes publiques devrait mécaniquement progresser. L’enjeu pour les autorités sera alors de transformer ces revenus en investissements productifs et durables, tout en assurant une gestion transparente et efficace des ressources issues de l’exploitation du sous-sol et des hydrocarbures.







