Afriland prépare une ligne islamique de 32,8 milliards FCFA
Afriland First Bank et la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID) travaillent à la mise en place d’une ligne de financement islamique de 50 millions d’euros, soit environ 32,8 milliards de FCFA, destinée principalement aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux entreprises privées camerounaises. À ce stade, l’opération demeure toutefois en cours de structuration et ne constitue pas encore un financement définitivement acquis.
Les deux institutions ont signé une déclaration d’intention à Bakou, en Azerbaïdjan, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque islamique de développement, tenues du 16 au 19 juin 2026. Dans un communiqué publié le 25 juin, la SID présente l’opération comme une ligne de financement « proposée » de 50 millions d’euros.
La conversion correspond à 32,797 milliards de FCFA, sur la base de la parité fixe de 655,957 FCFA pour un euro.
Une opération encore au stade de la structuration
La signature de cette déclaration d’intention constitue une première étape vers la mobilisation des ressources, mais elle ne garantit pas encore leur décaissement. La SID indique qu’elle doit conduire et soutenir l’arrangement ainsi que la mobilisation des capitaux nécessaires au financement des activités d’Afriland First Bank.
Plusieurs paramètres restent donc à préciser, notamment la contribution directe éventuelle de la SID, l’identité des éventuels cofinanceurs, la maturité de la ligne, son coût et le calendrier des décaissements. Les conditions précises d’accès des entreprises bénéficiaires n’ont pas non plus été communiquées.
Cette distinction est importante. Contrairement à une convention définitive de financement, le document signé avec Afriland constitue une expression d’intention. Au cours des mêmes Assemblées annuelles, la SID avait par exemple conclu avec AFG Bank Cameroon un « final term sheet » portant sur une ligne islamique de 20 millions d’euros, ce qui correspond à un stade plus avancé de structuration.
Cinq secteurs prioritaires pour les financements
Si l’opération aboutit, les ressources devraient être rétrocédées aux entreprises sous forme de financements conformes aux principes de la finance islamique.
Les secteurs identifiés comme prioritaires sont notamment :
- l’agriculture ;
- l’agro-industrie ;
- la santé ;
- l’industrie manufacturière ;
- les transports.
L’objectif est de renforcer les ressources disponibles pour les investissements productifs et de proposer aux entreprises camerounaises des instruments de financement supplémentaires, notamment dans un contexte où l’accès aux financements de moyen et long termes demeure un enjeu important pour les PME.
Pour Afriland First Bank, cette initiative constitue également une reconnaissance de son positionnement dans la finance islamique.
« Le fait qu’Afriland First Bank figure parmi les institutions retenues pour conclure des accords avec l’ICD constitue une marque de confiance et de reconnaissance internationale de notre modèle de finance islamique », a déclaré Hervé Ayissi, directeur général adjoint de la banque.
Une enveloppe équivalant à près de 2 % des crédits
L’enveloppe envisagée de 32,8 milliards de FCFA représente, à titre de comparaison, environ 2 % de l’encours de crédits d’Afriland First Bank.
Selon les données communiquées par l’établissement, son encours de crédits atteignait 1 667 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, tandis que les dépôts de la clientèle s’établissaient à 1 950 milliards de FCFA. Le total du bilan ressortait à 2 550 milliards de FCFA.
Afriland indique par ailleurs avoir mobilisé plus de 1 200 milliards de FCFA en faveur des entreprises privées en 2025. Ces chiffres correspondent toutefois aux données communiquées par la banque et ne constituent pas des données prudentielles détaillées publiées par la Commission bancaire de l’Afrique centrale.
Une coopération déjà établie avec la SID
La nouvelle opération s’inscrit dans le prolongement d’une relation déjà ancienne entre Afriland First Bank et la Société islamique pour le développement du secteur privé.
La banque affirme avoir bénéficié de quatre précédentes lignes de financement, pour un montant cumulé de 63 millions d’euros. Le détail de ces opérations, notamment les montants effectivement décaissés et leur répartition géographique, n’a toutefois pas été communiqué.
La SID avait notamment annoncé en avril 2018 une ligne de financement de 45 millions d’euros en faveur d’Afriland First Group. Cette opération concernait plusieurs marchés africains et ne peut donc pas être assimilée à un financement exclusivement destiné aux activités camerounaises.
Le financement des PME dépendra des conditions finales
Pour les entreprises camerounaises, l’intérêt réel de cette nouvelle ligne dépendra des conditions qui seront finalement retenues. La durée des financements, leur coût, les garanties exigées et le rythme des décaissements seront déterminants pour mesurer l’impact de l’opération sur l’accès des PME aux ressources financières.
La prochaine étape sera donc la transformation de la déclaration d’intention en accord définitif de financement. Celle-ci permettra de déterminer le montant effectivement mobilisé, les partenaires financiers associés, les conditions financières ainsi que le calendrier de mise à disposition des ressources.
Si elle se concrétise, cette ligne de 50 millions d’euros pourrait ainsi renforcer l’offre de finance islamique au Cameroun et accroître les possibilités de financement des entreprises opérant dans des secteurs productifs tels que l’agriculture, l’agro-industrie, l’industrie et les transports.







