Le refinancement BCEAO devient l’un des leviers majeurs pour faciliter l’accès des PME au crédit dans l’espace UEMOA, où plus de 80 % des petites entreprises rencontrent encore des difficultés à obtenir un financement bancaire. C’est dans ce contexte qu’un atelier de formation s’est tenu du 25 au 27 novembre 2025 à Abidjan, sous l’impulsion du Comité de Concertation État–Secteur Privé (CCESP) et avec l’appui de la GIZ à travers le projet ProREI. L’initiative a réuni des dirigeants de PME et les responsables des Structures d’Appui et d’Encadrement (SAE).
Présenté par la BCEAO, ce mécanisme vise à réduire les contraintes qui bloquent l’accès des PME au crédit : garanties insuffisantes, perception de risque élevé, coûts financiers lourds. Le modèle repose sur une plateforme tripartite regroupant les SAE, les banques commerciales et la Banque Centrale, avec des incitations financières destinées à améliorer le traitement des dossiers PME.
Le dispositif introduit également des conditions d’éligibilité assouplies, notamment la possibilité pour les banques de refinancer leurs créances sur les PME, un avantage important dans un contexte où le coût du crédit reste structurellement élevé.
Selon Mme Diane Wondio Rolande Soro, représentante de la BCEAO, l’objectif est clair :
« Créer une masse critique de PME performantes dans l’Union. »
Cette vision s’inscrit dans une logique de formalisation, de renforcement financier et de consolidation du tissu économique local.
Deux entreprises accompagnées par le dispositif, Cilagri et Catalyse Beauté Santé, ont partagé leurs réussites. Après leur prise en charge immobilière et financière, ces structures enregistrent une croissance qui les rapproche du cap symbolique du milliard de francs CFA de chiffre d’affaires. Une preuve que le dispositif peut transformer concrètement la trajectoire des PME.
Le rôle des SAE est ici déterminant : véritables intermédiaires techniques entre les entreprises et les banques, elles facilitent l’accès aux financements et structurent les projets.
Cette session marque la neuvième étape d’un programme mené par le CCESP depuis 2025, dans le cadre de la Stratégie nationale du dialogue public-privé. L’objectif : renforcer les compétences des acteurs privés et créer un environnement plus favorable au financement des entreprises.
Pour M. N’Cho Ebenisaire du CCESP :
« Le dispositif est une opportunité majeure pour les PME. Elles doivent se formaliser pour y accéder. »
Au-delà du financement, l’enjeu est de soutenir la transformation structurelle de l’économie ivoirienne en positionnant le secteur privé au cœur de la création de valeur et d’emplois.
Avec ce dispositif de refinancement, la BCEAO met en place une architecture financière plus inclusive reposant sur la mutualisation du risque, la montée en qualité des PME accompagnées et l’amélioration de leur solvabilité. Cette dynamique participe à renforcer l’attractivité de la Côte d’Ivoire et de l’ensemble de l’UEMOA pour les investisseurs.
En recentrant le développement économique autour des PME, les autorités posent les bases d’un modèle de croissance plus durable, mieux structuré et résolument tourné vers l’investissement productif.









































