Gabon : la BCEG finance la montée en puissance de l’aviculture locale
La Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG) a accordé un prêt de 360 millions de FCFA (environ 638 000 dollars) à l’exploitant agricole BTF Farming, dans le cadre de la stratégie nationale visant à structurer la filière avicole et à réduire la dépendance alimentaire du pays. L’annonce a été faite le 14 janvier 2026, lors d’une visite du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, sur le site de l’exploitation à Akanda.
Renforcer les capacités de production locale
Ce financement est destiné à soutenir la montée en capacité de BTF Farming, à travers la modernisation des équipements, l’extension des surfaces exploitées et l’amélioration des rendements. L’objectif affiché est clair : augmenter l’offre locale de produits avicoles, afin de mieux répondre à la demande du marché national et de limiter le recours aux importations.
Créée en 2019, BTF Farming est une entreprise portée par des entrepreneurs gabonais, développant un modèle agricole intégré combinant élevage avicole, pisciculture et cultures agricoles. Son chiffre d’affaires annuel est estimé à environ 240 millions de FCFA, selon les données communiquées par ses promoteurs.
La BCEG, levier du financement des PME agricoles
La BCEG, qui accompagne ce projet, est une institution détenue par des acteurs institutionnels et privés gabonais. Elle cible prioritairement les PME et TPE, qui représentent plus de 80 % du tissu entrepreneurial du pays. À travers ce financement, la banque confirme son positionnement comme outil de soutien à l’investissement productif, notamment dans les secteurs jugés stratégiques par les autorités.
Réduction des importations : une priorité politique
Lors de sa visite, le chef de l’État a annoncé la mise en place d’un programme de financement spécifique aux éleveurs avicoles gabonais. Chaque exploitant pourra bénéficier de crédits compris entre 250 et 400 millions de FCFA, octroyés via la BCEG, à un taux de 4 %, avec une durée de remboursement d’un an.
Ce dispositif vise à accélérer la montée en capacité de la filière, dans un contexte où le Gabon reste fortement dépendant des importations de poulet et de produits alimentaires. Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé son ambition d’interdire les importations de poulet de chair à l’horizon 2027, conditionnée au développement rapide d’une production locale compétitive.
Des défis structurels à relever
Pour les pouvoirs publics, le soutien financier à des exploitations comme BTF Farming pose la question de la cohérence globale des politiques publiques agricoles. L’accès au crédit devra s’accompagner de mesures complémentaires sur l’alimentation animale, l’énergie, la logistique et la régulation des importations, sans lesquelles les objectifs de souveraineté alimentaire pourraient être difficiles à atteindre.
Du côté des producteurs, les enjeux portent sur la capacité à augmenter rapidement les volumes, à maîtriser les coûts de production et à assurer une régularité de l’approvisionnement du marché. Le caractère court terme des financements, avec un remboursement sur un an, impose une mise en production rapide et une génération accélérée de revenus.
À moyen terme, la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité du Gabon à transformer ces appuis financiers en une production avicole durable, capable de couvrir une part croissante de la consommation nationale et de réduire l’exposition du pays aux chocs extérieurs sur les prix alimentaires.







