Airtel Congo lance Starlink Mobile, le satellite au service du mobile
Airtel Congo a lancé, le 14 août 2026, le service Starlink Mobile, basé sur la technologie Direct-to-Cell (D2C) développée par SpaceX. Issu du partenariat annoncé en décembre 2025 entre Airtel Africa et SpaceX, le dispositif doit permettre aux abonnés de l’opérateur de rester connectés dans les zones où les réseaux mobiles terrestres ne sont pas disponibles.
Airtel présente la République démocratique du Congo (RDC) comme le premier marché africain où Starlink Mobile fait l’objet d’un déploiement commercial. Le lancement intervient après des tests de services de données et de messagerie réalisés au Kenya en mars 2026.
L’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) a confirmé l’introduction du service, présenté comme une solution destinée à réduire l’isolement numérique et à améliorer l’accès aux télécommunications dans les zones insuffisamment couvertes.
Le Direct-to-Cell transforme les satellites en relais mobiles
La technologie Direct-to-Cell repose sur des satellites capables de communiquer directement avec des smartphones compatibles. Ils jouent ainsi le rôle de relais cellulaires dans les zones où les antennes terrestres ne sont pas accessibles.
Contrairement à une connexion satellitaire classique, l’utilisateur n’a donc pas besoin d’installer une antenne dédiée. Le satellite vient compléter le réseau mobile existant en permettant de prolonger certains services de télécommunication au-delà de la couverture terrestre.
Pour Airtel, cette technologie représente ainsi un moyen d’étendre son empreinte dans les territoires où la construction d’infrastructures mobiles traditionnelles peut être difficile, coûteuse ou peu rentable.
Lire aussi : Namibie : Starlink recalé pour non-respect des règles locales
Un déploiement progressif en RDC
L’introduction de Starlink Mobile se fera progressivement. L’ARPTC indique que le déploiement devra respecter les exigences techniques, réglementaires et opérationnelles applicables en RDC.
Dans sa première phase, le service permet notamment l’envoi de SMS ainsi que l’utilisation de certaines applications nécessitant peu de données, dont WhatsApp. Les fonctionnalités devraient ensuite être élargies au fur et à mesure de l’évolution de la technologie et de l’obtention des autorisations nécessaires.
Le service est actuellement accessible avec certains smartphones Android compatibles LTE. La prise en charge des appareils Apple est également prévue.
Une période d’essai gratuite de 30 jours
Airtel propose aux clients éligibles une période d’essai gratuite de 30 jours, accessible via l’application MyAirtel.
Les personnes se rendant en RDC et souscrivant à une offre Airtel RDC peuvent également s’inscrire à cette période d’essai après activation d’un service compatible.
À l’issue de cette période, Starlink Mobile doit être intégré à certains forfaits de données Airtel. Plusieurs paramètres restent toutefois à préciser, notamment la tarification, les capacités disponibles et le calendrier géographique du déploiement.
Les autorités et l’opérateur n’ont pas encore détaillé les provinces ou zones qui bénéficieront prioritairement de cette technologie.
Airtel veut renforcer sa position sur le marché de la data
Le lancement intervient sur un marché où Airtel occupe déjà une place importante dans les services de données mobiles.
Au quatrième trimestre 2025, l’opérateur représentait 43,02 % des revenus de la data mobile en RDC, devant Orange (28,44 %), Vodacom (24,63 %) et Africell (3,91 %), selon les données de l’ARPTC.
L’extension de la couverture grâce au satellite pourrait donc permettre à Airtel de renforcer davantage la disponibilité de ses services dans certaines zones isolées.
L’enjeu dépasse toutefois le seul marché grand public. Une couverture mobile élargie pourrait également intéresser des activités économiques opérant dans des territoires éloignés des grands centres urbains, notamment les mines, l’agriculture, le transport et la logistique.
Dans ces secteurs, la possibilité de maintenir certains services de communication dans des zones dépourvues de réseau terrestre pourrait apporter un avantage opérationnel.
Le coût et la couverture restent les principales inconnues
Le potentiel de Starlink Mobile en RDC dépendra néanmoins de plusieurs facteurs. Parmi eux figurent le coût du service, ses performances réelles et l’étendue de sa couverture géographique.
Les modalités précises du partenariat entre Airtel Africa et SpaceX restent également à préciser. Les deux groupes n’ont notamment pas communiqué les détails concernant le modèle de partage des revenus ou la capacité satellitaire effectivement mise à la disposition d’Airtel.
Le lancement du 14 août constitue ainsi une première étape. Pour Airtel, le défi sera désormais de démontrer que le Direct-to-Cell peut devenir un complément efficace au réseau terrestre et contribuer concrètement à réduire les zones blanches de télécommunications en RDC.







