OCDE : le revenu réel des ménages progresse de 0,2 % au T1 2026
Le revenu réel des ménages par habitant dans l’OCDE a augmenté de 0,2 % au premier trimestre 2026, marquant un net ralentissement par rapport à la progression de 0,6 % enregistrée au quatrième trimestre 2025.
Dans le même temps, le PIB réel par habitant a progressé de 0,3 %, après une hausse de 0,2 % au trimestre précédent. L’évolution met ainsi en évidence un léger décalage entre la progression de l’activité économique et celle du revenu effectivement disponible pour les ménages.
Le PIB mesure l’évolution de l’activité économique globale, tandis que le revenu réel des ménages reflète les revenus perçus par ces derniers, corrigés de l’évolution des prix, et donc les ressources disponibles pour consommer ou épargner.
Sur les 21 pays de l’OCDE disposant de données, 13 ont enregistré une progression du revenu réel des ménages par habitant, tandis que 8 ont connu une contraction.
Une progression contrastée au sein du G7
Dans les économies du G7, le revenu réel des ménages par habitant a augmenté de 0,2 % au premier trimestre 2026.
L’Italie se distingue par le rebond le plus marqué. Après une contraction de 0,9 % au quatrième trimestre 2025, le revenu réel des ménages par habitant a progressé de 0,8 % au premier trimestre 2026.
Cette reprise a notamment été soutenue par la hausse de la rémunération des salariés, qui a compensé la diminution des prestations sociales liée au recul du taux de chômage, passé de 5,7 % à 5,4 %. Le PIB réel par habitant a, de son côté, progressé de 0,3 %, un rythme identique à celui du trimestre précédent.
Au Canada, en Allemagne et aux États-Unis, le revenu réel des ménages par habitant a augmenté de 0,2 % dans chacun des trois pays. Cette évolution contraste avec les résultats du trimestre précédent, respectivement de 0,0 %, 0,1 % et -0,2 %.
Lire aussi : L’OCDE alerte sur les salaires réels bas malgré la résilience du marché de l’emploi
Royaume-Uni : le revenu des ménages recule malgré la croissance du PIB
Le Royaume-Uni affiche une évolution nettement différente. Le revenu réel des ménages par habitant a diminué de 0,8 % au premier trimestre 2026, après une progression de 1,1 % au quatrième trimestre 2025.
Selon l’OCDE, cette contraction s’explique notamment par une augmentation des impôts sur le revenu et le patrimoine, en partie liée à la réduction d’un abattement fiscal sur les plus-values.
La baisse des prestations sociales nettes ainsi qu’une inflation plus élevée ont également pesé sur le revenu réel des ménages.
Cette situation contraste avec l’évolution du PIB : le PIB réel par habitant britannique a progressé de 0,6 % au premier trimestre, après deux trimestres consécutifs de croissance nulle.
En France, le revenu réel des ménages par habitant s’est également légèrement contracté, de 0,1 %, après une hausse de 0,3 % au trimestre précédent.
Hongrie et Chili affichent les plus fortes progressions
En dehors du G7, les performances les plus importantes sont enregistrées en Hongrie et au Chili.
En Hongrie, le revenu réel des ménages par habitant a bondi de 6,0 % au premier trimestre 2026, contre 1,7 % au trimestre précédent. Cette progression a notamment été portée par une hausse de 6,3 % de la rémunération des salariés.
La croissance du revenu des ménages a ainsi largement dépassé celle du PIB réel par habitant, qui s’est limitée à 0,9 %.
Au Chili, le revenu réel des ménages par habitant a progressé de 4,8 %, après une croissance nulle au quatrième trimestre 2025.
Cette amélioration a été soutenue par la rémunération des salariés et des travailleurs indépendants ainsi que par l’augmentation des revenus nets de la propriété.
Grèce et Autriche : les ménages sous pression
À l’autre extrémité du classement, les plus fortes contractions du revenu réel des ménages par habitant ont été enregistrées en Grèce et en Autriche.
En Grèce, le revenu réel des ménages par habitant a diminué de 3,6 % au premier trimestre 2026. En Autriche, la baisse atteint 2,8 %.
Dans les deux économies, la diminution des revenus nets de la propriété et des prestations sociales a contribué à éroder le revenu réel des ménages.
Le revenu des ménages évolue différemment de l’activité économique
Les données du premier trimestre 2026 illustrent ainsi l’intérêt de distinguer croissance économique et amélioration du revenu des ménages.
À l’échelle de l’OCDE, le PIB réel par habitant a accéléré à 0,3 %, tandis que le revenu réel des ménages par habitant a ralenti à 0,2 %. Dans plusieurs pays, les deux indicateurs évoluent même dans des directions différentes.
Le cas du Royaume-Uni est particulièrement révélateur : malgré une hausse de 0,6 % du PIB réel par habitant, le revenu réel des ménages a reculé de 0,8 %.
Ces écarts montrent que la progression de l’activité économique ne se traduit pas automatiquement par une amélioration équivalente du pouvoir d’achat ou des ressources disponibles pour les ménages. Les salaires, les prestations sociales, les revenus du patrimoine, la fiscalité et l’inflation jouent également un rôle déterminant.








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