La République centrafricaine (RCA) célèbre une victoire importante avec la fin de l’embargo imposé en 2013 sur ses exportations de diamants par le Processus de Kimberley (KP). Pourtant, cette avancée est tempérée par la suspension récente du pays par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui pointe de sérieux manquements en matière de transparence et de gouvernance.
Un embargo enfin levé, mais un secteur sous pression
Le Processus de Kimberley a officiellement levé, en novembre 2024, les dernières restrictions sur les exportations de diamants de la Centrafrique. Cette décision reflète les efforts du gouvernement pour mieux encadrer le secteur minier et garantir la traçabilité des diamants. Cependant, l’impact de cette mesure reste à évaluer, notamment sur les revenus générés par l’exploitation diamantifère.
En 2023, les exportations de diamants de la RCA ont rapporté 12,26 millions de dollars, bien loin des 63,77 millions de dollars enregistrés en 2012, avant l’instauration de l’embargo. Ce recul souligne les défis auxquels le secteur minier est confronté malgré les récentes avancées.
Suspension par l’ITIE : des points faibles à corriger
Malgré cette victoire sur le plan international, la Centrafrique a été suspendue par l’ITIE pour un score jugé insuffisant lors de sa dernière évaluation. Avec un faible score de 45 points, le pays est accusé de manquer à ses obligations en matière de transparence et de participation de la société civile.
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Selon Helen Clark, présidente de l’ITIE, des problèmes majeurs ont été identifiés, notamment :
- Des restrictions sur les déplacements de la société civile vers les zones minières clés.
- Des soupçons sur l’octroi de permis à des entreprises associées au groupe Wagner (rebaptisé Africa Corps).
- Des lacunes concernant les libertés d’expression et d’association.
La Centrafrique a jusqu’à janvier 2027 pour mettre en œuvre les recommandations de l’ITIE et lever cette suspension.
L’exemple de la République démocratique du Congo (RDC) illustre les bénéfices d’une meilleure transparence dans l’exploitation des ressources minières. La divulgation des contrats miniers avec la Chine a permis une renégociation des termes par le gouvernement, débouchant sur 4 milliards de dollars de revenus supplémentaires.
Pour la Centrafrique, améliorer la transparence et restaurer la confiance des investisseurs pourraient accroître les revenus issus de l’exploitation des diamants, contribuant ainsi à relancer son économie.
La levée de l’embargo par le Processus de Kimberley offre à la Centrafrique une chance de redynamiser son secteur minier. Toutefois, cette avancée risque d’être freinée par le manque de transparence et les failles de gouvernance dénoncées par l’ITIE. La mise en œuvre rapide des réformes recommandées sera cruciale pour transformer cette opportunité en succès durable et maximiser les retombées économiques pour le pays.







