Centrafrique : la croissance atteint 3,3 % en 2025, mais les défis restent importants
L’économie de la République centrafricaine (RCA) amorce une reprise après plusieurs années de faible croissance. Selon le rapport pays 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 3,3 % en 2025, contre 1,8 % en 2024 et seulement 0,7 % en 2023.
Cette amélioration, portée notamment par le secteur primaire et la reprise des investissements, reste toutefois insuffisante pour répondre aux besoins sociaux du pays. La BAD appelle ainsi à consolider cette dynamique à travers une mobilisation accrue des ressources et une transformation structurelle de l’économie.
Une reprise économique encore fragile
Dans son rapport intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de la République centrafricaine dans un monde fragmenté », publié le 19 août 2026, la BAD souligne les signes de redressement de l’économie centrafricaine.
La croissance de 3,3 % enregistrée en 2025 constitue une nette amélioration par rapport aux deux années précédentes. Le secteur primaire et la reprise des investissements ont notamment contribué à cette progression.
Mais pour les autorités centrafricaines, le rythme reste trop faible pour produire rapidement des effets significatifs sur le niveau de vie de la population.
« La reprise économique observée en 2025 […] est encourageante. Mais cette reprise demeure insuffisante pour répondre à l’ampleur de nos besoins sociaux, créer suffisamment d’emplois et améliorer durablement les conditions de vie de nos populations », a déclaré Marc Mandaba, ministre centrafricain de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale.
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Le déficit budgétaire se réduit
Sur le plan des finances publiques, la situation s’est également améliorée en 2025.
Le déficit budgétaire global est passé de 5,1 % du PIB en 2024 à 3,5 % en 2025. Cette réduction traduit une amélioration de la position budgétaire du pays, même si les marges de manœuvre restent limitées.
Dans le même temps, la dette publique a légèrement progressé, atteignant 59 % du PIB, contre 58 % un an auparavant.
Le déficit du compte courant s’est, pour sa part, établi à 7,4 % du PIB en 2025, contre 9 % en 2024.
Ces indicateurs témoignent donc d’une amélioration de certains équilibres macroéconomiques, mais la situation financière de la RCA demeure fragile.
Une croissance attendue à 2,9 % en 2026
Les perspectives à court terme restent prudentes.
La BAD prévoit une croissance du PIB réel de 2,9 % en 2026, avant une accélération à 3,9 % en 2027.
Cette trajectoire dépendra cependant de plusieurs facteurs, notamment de l’évolution de la situation sécuritaire, de la disponibilité de l’électricité et de la mise en œuvre effective des projets structurants.
Les secteurs de l’énergie, des transports et de l’agro-industrie apparaissent notamment comme des leviers essentiels pour soutenir l’activité économique et améliorer les capacités productives du pays.
Le déficit budgétaire devrait quant à lui se situer autour de 3,5 % du PIB en 2026, avant de revenir à 3 % en 2027.
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L’énergie et les infrastructures au cœur des priorités
Pour consolider la croissance, la RCA devra notamment résoudre ses contraintes structurelles en matière d’infrastructures.
La disponibilité de l’énergie constitue l’un des principaux facteurs susceptibles de limiter le développement des activités industrielles et privées.
La réalisation de projets dans les secteurs de l’électricité, des transports et de l’agro-industrie pourrait donc permettre de renforcer la productivité, de soutenir les investissements et de créer davantage d’emplois.
Le développement agricole représente également une opportunité importante pour le pays, compte tenu de son potentiel encore largement inexploité.
12,8 milliards de dollars nécessaires pour le PND
La mobilisation des financements constitue toutefois l’un des principaux défis.
Le Plan national de développement (PND) 2024-2028 nécessite des ressources estimées à 12,8 milliards de dollars pour financer les différents projets et programmes prévus.
Dans un environnement international marqué par une fragmentation croissante de l’économie mondiale, la capacité de Bangui à mobiliser ces ressources sera déterminante.
La BAD recommande notamment de renforcer la mobilisation des ressources intérieures, d’améliorer la gouvernance économique et d’accroître l’efficacité des investissements publics.
Le secteur privé appelé à jouer un rôle plus important
Le financement du développement ne pourra toutefois pas reposer uniquement sur les ressources publiques et l’aide extérieure.
Pour la BAD, la participation du secteur privé devra également être renforcée afin d’élargir les sources de financement disponibles pour l’économie centrafricaine.
La Centrafrique dispose notamment d’un potentiel important dans l’agriculture, les ressources naturelles et l’énergie. La valorisation de ces secteurs pourrait contribuer à diversifier l’économie et à créer de nouvelles sources de revenus.
« La concrétisation de ses ambitions nécessite toutefois une mobilisation accrue des ressources intérieures, un renforcement de la gouvernance économique, une amélioration de l’efficacité des investissements publics ainsi qu’une participation plus active du secteur privé », a indiqué Mamadou Coulibaly, responsable du bureau-pays du Groupe de la Banque.
Transformer la reprise en croissance durable
La performance enregistrée en 2025 constitue donc un signal positif pour l’économie centrafricaine. Mais la progression de 3,3 % du PIB devra désormais être transformée en une croissance plus forte, durable et inclusive.
L’enjeu pour les prochaines années sera notamment de convertir les investissements dans les infrastructures, l’énergie et l’agriculture en emplois, revenus et amélioration des conditions de vie.
Avec une croissance projetée à 2,9 % en 2026 puis 3,9 % en 2027, la RCA dispose d’une fenêtre pour consolider sa reprise. La réussite de cette trajectoire dépendra toutefois de sa capacité à mobiliser les financements nécessaires à son PND et à créer un environnement davantage favorable à l’investissement privé.







