La filiale nigérienne de Somaïr, appartenant au groupe français Orano (détenant 64 % des parts), traverse une grave crise financière, selon les informations du groupe français publiées le mardi 9 juillet. La situation politique locale a arrêté les exportations d’uranium, forçant l’entreprise à vendre des stocks prévus pour financer la fermeture future du site d’Arlit.
Orano a expliqué à l’AFP que Somaïr est en grande difficulté financière en raison des obstacles rencontrés pour commercialiser l’uranium. Depuis un an, la filiale ne peut exporter, entravant ainsi ses capacités de financement. Orano a précisé : « Nous devons consacrer tous nos efforts au maintien de l’outil industriel et au paiement des salaires, en vendant conservativement des stocks économisés, initialement destinés au financement du plan de réaménagement du site après son exploitation. »
Située dans la région d’Arlit (nord), Somaïr est la dernière mine d’uranium opérée par Orano au Niger, après la fermeture de la Cominak en 2021. Les activités de Somaïr ont repris en février après plusieurs mois d’interruption due au coup d’État de juillet 2023.
Orano a soumis une proposition aux autorités nigériennes pour envisager une exportation vers la France ou la Namibie, sans réponse à ce jour. Le groupe continue de dialoguer avec Niamey. Pour maintenir l’activité du site, employant environ 700 personnes et autant de sous-traitants, Somaïr a commencé à utiliser les stocks conservés en France. Cependant, cette solution n’est viable que pour quelques mois. Orano avertit que, sans amélioration rapide, Somaïr pourrait devoir réduire progressivement ses activités, voire les arrêter.
Depuis la reprise en février, le site a produit un peu plus de 700 tonnes de concentré d’uranium, stockées sur place. En 2023, la production avait chuté à 1 130 tonnes, bien en deçà des 2 000 tonnes habituelles, représentant 16 % de la production mondiale d’uranium d’Orano.
Orano assure que cette crise n’affecte pas l’approvisionnement de ses clients, grâce à sa présence minière internationale, notamment au Canada. Les conséquences financières pour le groupe sont en cours d’évaluation, avec une communication prévue le 26 juillet pour les résultats semestriels.







