Le Nigeria fait face à une forte augmentation du service de sa dette intérieure, qui a bondi de 164 % en glissement annuel au premier trimestre 2025. Selon les données publiées par le Debt Management Office (DMO), le pays a dépensé 2 600 milliards de nairas pour honorer sa dette locale entre janvier et mars, contre 984 milliards à la même période en 2024.
Cette flambée est liée à une hausse massive des paiements d’intérêts, notamment sur les bons du Trésor, dont la charge a presque triplé, atteignant 961 milliards de nairas contre 374 milliards le trimestre précédent. Leur part dans le coût total du service de la dette est passée à 36,8 %, contre 23,7 %.
Les obligations du gouvernement fédéral (FGN) ont aussi pesé lourd, représentant 54 % du coût total, avec 1 400 milliards de nairas versés en intérêts, dont 1 300 milliards pour les obligations ordinaires.
La banque FBNQuest souligne que cette situation reflète un modèle saisonnier, marqué par un pic d’émissions de dette en début d’année, concentrant les paiements d’intérêts au premier trimestre. À cela s’ajoute le paiement de 68 milliards de nairas d’intérêts sur des obligations nationales libellées en devises étrangères.
Pour les analystes, la pression s’intensifie sur les finances publiques, dans un contexte où les recettes de l’État restent faibles. La dette publique totale a atteint 149 390 milliards de nairas, en hausse de 27 720 milliards en un an, notamment en raison de la dépréciation du naira, qui alourdit le poids de la dette extérieure.
Le gouvernement espère desserrer l’étau budgétaire grâce à quatre nouvelles lois de réforme fiscale, qui entreront en vigueur début 2026. Objectif : porter les recettes fiscales de 10 à 18 % du PIB et réduire les besoins d’emprunt.
Mais FBNQuest prévient : les effets de ces réformes ne seront visibles qu’à moyen terme, laissant le pays exposé à une pression persistante sur la viabilité budgétaire.
La situation financière du Nigeria illustre les limites d’un financement massif par la dette intérieure, surtout dans un contexte de recettes publiques faibles. Si les réformes fiscales sont un pas dans la bonne direction, la consolidation budgétaire devra s’accélérer pour éviter que le service de la dette ne devienne un fardeau insoutenable pour les générations futures.










































