Le gouvernement ghanéen, dirigé par John Mahama, a annoncé qu’il poursuivrait le recours aux prêts syndiqués pour financer les achats de cacao lors de la campagne 2025/2026, malgré les discussions en cours pour explorer des alternatives plus durables avec le Ghana Cocoa Board (COCOBOD).
Depuis plusieurs décennies, le Ghana s’appuie sur un financement syndiqué par un consortium de banques internationales pour avancer les fonds nécessaires à l’achat de cacao au début de chaque campagne. Ce système a permis de garantir la stabilité du secteur cacaoyer et d’assurer le revenu de milliers de planteurs à travers le pays.
À l’occasion de l’annonce du nouveau prix à la production ce lundi 4 août 2025, le ministre des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, a confirmé que le pays n’envisageait aucun changement de stratégie immédiat. « Rien n’a changé. Nous continuerons à financer le cacao comme nous l’avons fait lors de la dernière campagne », a-t-il déclaré.
L’annonce gouvernementale intervient dans un contexte de hausse spectaculaire du prix à la production du cacao. Le prix passe de 3 100 $ US à 5 040 $ US la tonne, soit une augmentation de 62,58 % en dollar américain. Cette mesure vise à mieux rémunérer les producteurs, alors que les cours mondiaux du cacao ont atteint des sommets en raison de la baisse de l’offre en Afrique de l’Ouest.
Le cacao reste un pilier majeur de l’économie ghanéenne, représentant une part importante des recettes d’exportation et des emplois ruraux. Toutefois, le modèle de financement actuel, basé sur l’endettement externe à court terme, soulève des interrogations quant à sa durabilité budgétaire.
Des discussions sont en cours entre le gouvernement et le COCOBOD pour explorer des mécanismes alternatifs de financement, qui pourraient inclure des partenariats publics-privés ou des instruments de marché plus innovants.
En dépit des pressions sur la dette publique, le Ghana reste fidèle à son modèle de financement syndiqué pour soutenir le secteur cacaoyer, tout en accordant une hausse historique du prix à la production pour répondre aux besoins des agriculteurs. Un équilibre délicat entre soutien aux producteurs et gestion rigoureuse des finances publiques.







