Malgré une année 2024 marquée par des désinvestissements et des réajustements structurels, le Canada conserve son statut de premier investisseur étranger au Burkina Faso. Les données issues du rapport annuel sur la Position extérieure globale confirment la solidité des engagements canadiens, essentiellement concentrés dans le secteur minier.
Avec un encours estimé à 534,9 milliards de FCFA, le Canada représente à lui seul 22,9 % du stock total des investissements directs étrangers (IDE) du pays. Il devance largement la Côte d’Ivoire (284,7 milliards de FCFA, soit 12,2 %), la Russie (257,0 milliards de FCFA, 11,1 %) et le Maroc (102,8 milliards de FCFA, 4,4 %). À eux quatre, ces partenaires concentrent plus de la moitié des IDE recensés au Burkina Faso en 2024, soit 50,6 %.
Le secteur minier demeure le principal moteur de l’attractivité du pays. Il capte 66,1 % du stock global des investissements étrangers, pour une valeur estimée à 1 565,9 milliards de FCFA. L’intermédiation financière arrive loin derrière avec 18,5 %, suivie de l’industrie (5,8 %) et du commerce (2,1 %), illustrant la forte dépendance de l’économie burkinabè aux activités extractives.
L’exercice 2024 a toutefois été marqué par une contraction nette des IDE, avec des sorties de capitaux évaluées à 157,2 milliards de FCFA. Cette évolution s’explique principalement par des désengagements dans certaines entreprises minières, ainsi que par la nationalisation par l’État burkinabè de deux sociétés minières et d’une banque commerciale.
S’agissant du Canada, des investisseurs ont cédé des participations à des opérateurs nationaux pour un montant de 31 milliards de FCFA. À cela s’ajoutent des remboursements de dettes au profit d’entreprises canadiennes, estimés à 60,2 milliards de FCFA sur l’année.
Face à la forte concentration des investissements étrangers dans un secteur stratégique, les autorités burkinabè appellent à une implication accrue des capitaux nationaux, notamment dans l’exploitation minière. L’objectif est de renforcer la souveraineté économique et de permettre aux acteurs locaux de capter une part plus importante de la valeur créée, dans un contexte de prix élevés de l’or ayant dopé la rentabilité du secteur en 2024.









































