NAFAD : les Caisses de dépôt africaines soutiennent la réforme financière portée par la BAD
Le Forum africain des Caisses de dépôt a affiché son soutien à la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), initiative portée par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) afin de mieux mobiliser les ressources financières africaines au service du développement du continent.
Réunis le 27 mai 2026 à Brazzaville en marge des Assemblées annuelles de la BAD, les responsables des caisses de dépôt africaines ont plaidé pour une mobilisation accrue de l’épargne domestique afin de réduire la dépendance de l’Afrique aux financements extérieurs.
Les Caisses de dépôt soutiennent la stratégie de la BAD
S’exprimant lors d’une session consacrée au rôle des investisseurs institutionnels dans la nouvelle architecture financière africaine, Assoumane Mourjatou, directrice générale des Caisses de dépôt et d’investissement du Niger, a salué l’initiative de la Banque africaine de développement.
« Je salue l’initiative de la Banque africaine de développement pour sa Nouvelle architecture financière africaine pour le développement visant à renforcer les mécanismes africains de financement du développement », a-t-elle déclaré.
Selon elle, la NAFAD permettra une meilleure mobilisation des ressources domestiques, une implication plus forte des investisseurs institutionnels africains et une réduction de la dépendance du continent vis-à-vis des financements extérieurs.
Une réponse au déficit de financement de l’Afrique
Promue par le président du Groupe de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, la NAFAD a été officiellement adoptée le 9 avril 2026 à travers le « Consensus d’Abidjan », après avoir reçu l’aval des chefs d’État africains lors du Sommet de l’Union africaine de février à Addis-Abeba.
L’objectif affiché est de réorienter les importantes ressources financières africaines vers le financement des projets structurants du continent.
Selon la Banque africaine de développement, l’Afrique fait face à un déficit annuel de financement estimé à 400 milliards de dollars, alors même que le continent dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne gérés par des fonds de pension, compagnies d’assurance, fonds souverains et autres investisseurs institutionnels.
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Transformer l’épargne locale en investissements productifs
Les responsables des caisses de dépôt ont insisté sur le rôle stratégique de leurs institutions dans la transformation de l’épargne nationale en investissements de long terme.
Pour Angélique Nzang Nzoghe Buka Bouka, directrice générale adjointe de la Caisse des dépôts et consignations du Gabon, la mobilisation de l’épargne constitue un levier essentiel de souveraineté économique.
« La souveraineté d’un pays commence par sa capacité à mobiliser son épargne nationale pour ses investissements prioritaires », a-t-elle affirmé.
De son côté, Mehdi Bouriss, directeur général de CDG Capital au Maroc, a souligné que les caisses de dépôt jouent souvent un rôle d’investisseur de long terme dans des secteurs peu attractifs pour les acteurs privés classiques, notamment les collectivités territoriales.
La diaspora et les services postaux comme relais de financement
La question de la collecte de l’épargne a également occupé une place importante dans les échanges.
Mohamed Marwen Fekih Salem, directeur du contrôle de gestion financière de la Caisse des dépôts et consignations de Tunisie, a expliqué que son institution travaillait à mobiliser l’épargne de la diaspora via les réseaux postaux afin de financer des projets structurants.
Cette approche illustre la volonté des institutions africaines de diversifier leurs sources de financement tout en renforçant les circuits financiers locaux.
Des institutions appelées à gagner en solidité
Les participants ont également insisté sur la nécessité de renforcer les cadres juridiques et réglementaires des caisses de dépôt africaines afin de garantir leur stabilité, leur indépendance et la sécurité des investissements.
Ils ont notamment plaidé pour une meilleure protection de ces institutions contre les interférences politiques et pour une gestion rigoureuse des risques financiers.
Plusieurs pays africains ne disposant pas encore de caisses de dépôt participaient à cette rencontre afin de s’inspirer des expériences existantes et d’échanger sur les bonnes pratiques.
À travers cette dynamique, les caisses de dépôt africaines ambitionnent désormais de jouer un rôle plus central dans le financement des infrastructures, de l’industrialisation et du développement économique du continent.







