Mauritanie : le FMI approuve un nouveau programme de 95,8 millions de dollars pour soutenir les réformes économiques
Le Fonds monétaire international (FMI) ouvre un nouveau chapitre de son partenariat avec la Mauritanie. Son Conseil d’administration a approuvé de nouveaux accords de 42 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de crédit (MEDC), pour un montant de 95,8 millions de dollars, tout en validant la cinquième et dernière revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision permet un décaissement immédiat de 105,6 millions de dollars afin d’accompagner les réformes économiques engagées par le pays.
Un nouveau programme axé sur la stabilité et les réformes structurelles
Les nouveaux accords, d’un montant de 70,82 millions de DTS, soit environ 95,8 millions de dollars, visent à préserver la stabilité macroéconomique de la Mauritanie dans un contexte international marqué par une forte incertitude économique et géopolitique.
Le programme s’articule autour de trois priorités majeures :
- consolider la stabilité macroéconomique grâce au renforcement des institutions et des cadres de politique économique ;
- développer le capital humain et promouvoir une croissance plus inclusive portée par le secteur privé ;
- améliorer la gouvernance, notamment celle des entreprises publiques.
Selon le FMI, ces nouveaux accords contribueront également à mobiliser davantage de financements auprès des partenaires techniques et financiers du pays.
Un bilan positif du programme 2022-2026
Le FMI salue la solide performance enregistrée dans le cadre du précédent programme FEC/MEDC couvrant la période 2022-2026.
L’institution souligne que la croissance hors secteur extractif est restée robuste, tandis que l’inflation a poursuivi son recul. Le déficit du compte courant s’est réduit et les réserves internationales demeurent à un niveau jugé adéquat.
Sur le plan des réformes, la Mauritanie a rempli l’ensemble des critères de performance quantitatifs fixés à fin décembre 2025. Le repère structurel relatif à l’institutionnalisation de la règle budgétaire a également été atteint, avec un léger décalage.
Les autorités ont par ailleurs achevé les dernières réformes prévues dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, notamment celles portant sur l’intégration des enjeux climatiques dans la gestion des finances publiques et le renforcement de la gouvernance du secteur de l’eau.
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Une stratégie fondée sur la discipline budgétaire
Le FMI estime que la politique budgétaire prudente menée par les autorités contribue à préserver la soutenabilité de la dette publique et à protéger l’économie contre les fluctuations des prix des matières premières.
L’institution recommande toutefois de poursuivre les efforts visant à :
- renforcer la mobilisation des recettes fiscales ;
- améliorer l’efficacité des dépenses publiques ;
- accélérer la réforme des entreprises publiques ;
- préserver les dépenses sociales et les investissements prioritaires.
Le Fonds souligne également que le registre social développé par la Mauritanie constitue un outil efficace pour mieux cibler les aides destinées aux populations les plus vulnérables.
Moderniser la politique monétaire et renforcer le secteur financier
Le FMI relève également les progrès accomplis dans la modernisation du cadre de politique monétaire.
Les prochaines étapes devront porter sur l’amélioration de la gestion de la liquidité bancaire, le développement des instruments de politique monétaire et l’approfondissement du marché des changes afin d’accroître la flexibilité du taux de change face aux chocs extérieurs.
L’institution insiste également sur la nécessité de renforcer davantage la supervision bancaire et l’application des normes prudentielles afin d’accroître la résilience du système financier.
Gouvernance, climat des affaires et diversification économique
Pour le Fonds monétaire international, la réussite du nouveau programme dépendra largement de la poursuite des réformes structurelles.
Les priorités identifiées concernent notamment l’amélioration de la gouvernance, le renforcement du dispositif de lutte contre la corruption, une plus grande transparence dans la gestion publique, ainsi que l’amélioration du climat des affaires.
Le FMI encourage également les autorités à poursuivre les efforts en faveur de l’inclusion financière, du développement du capital humain et de la diversification économique afin de réduire la dépendance du pays aux industries extractives.
Le FMI salue les résultats obtenus par la Mauritanie
À l’issue de la réunion du Conseil d’administration, le Directeur général adjoint du FMI, Kenji Okamura, a salué les progrès réalisés par les autorités mauritaniennes.
Selon lui, malgré un environnement international particulièrement incertain, la Mauritanie a su préserver sa stabilité macroéconomique grâce à des politiques économiques prudentes et à un ambitieux programme de réformes.
Le responsable du FMI estime que la mise en œuvre des nouveaux accords sur 42 mois permettra de consolider les acquis, de répondre aux défis économiques de moyen et long terme et de mobiliser davantage de soutien international en faveur du développement du pays.







