Libye : un accord historique pour un budget unifié après 13 ans
La Libye franchit une étape importante vers la stabilisation de ses finances publiques. Les autorités rivales de l’Est et de l’Ouest ont conclu un accord inédit sur un budget d’État unifié, une première depuis 2013, selon la Banque centrale de Libye.
Une avancée majeure dans un pays divisé
L’accord a été signé entre des représentants de la Chambre des représentants basée à Benghazi et du Haut Conseil d’État siégeant à Tripoli. Il marque un tournant dans un pays profondément fragmenté depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.
Depuis plus d’une décennie, deux exécutifs se disputent le pouvoir : celui dirigé par Abdelhamid Dbeibah à Tripoli, et une autorité concurrente à l’Est, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar. Cette dualité institutionnelle a longtemps empêché l’adoption d’une politique budgétaire cohérente à l’échelle nationale.
Vers une meilleure gestion des finances publiques
Selon la Banque centrale de Libye, cet accord constitue « le premier consensus sur des dépenses unifiées à travers la Libye depuis plus de 13 ans ». Il devrait permettre d’améliorer la transparence, la coordination des dépenses publiques et la gestion globale des ressources de l’État.
Cette avancée intervient dans un contexte économique contrasté. Malgré des recettes pétrolières estimées à 22 milliards de dollars en 2025, en hausse de plus de 15 %, le pays fait face à un déficit en devises d’environ 9 milliards de dollars.
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Un enjeu de stabilité économique et monétaire
L’absence de budget unifié a longtemps pesé sur la stabilité macroéconomique du pays. En janvier dernier, la Banque centrale de Libye a procédé à une dévaluation du dinar d’environ 15 %, la deuxième en moins d’un an, en partie pour faire face aux déséquilibres budgétaires.
La mise en place d’un cadre budgétaire commun pourrait ainsi contribuer à restaurer la confiance, à mieux coordonner les politiques économiques et à stabiliser la monnaie nationale.
Un accord soutenu par la médiation internationale
Cet accord a été conclu sous l’égide des États-Unis, dont le rôle de médiation a été salué par les différentes parties. Le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah a notamment remercié les efforts diplomatiques ayant permis d’aboutir à ce compromis.
Un premier pas, mais des défis persistants
Si cet accord représente une avancée significative, son impact réel dépendra de sa mise en œuvre effective. La persistance des rivalités politiques et des divisions institutionnelles constitue encore un obstacle majeur.
Comme l’ont souligné les autorités libyennes, le véritable test réside désormais dans la capacité des différentes parties à traduire cet engagement en résultats concrets pour les citoyens, notamment en matière de services publics, de stabilité économique et de redistribution des richesses pétrolières.
En somme, ce budget unifié apparaît comme un signal positif, mais encore fragile, sur la voie de la reconstruction économique et politique de la Libye.







