Les producteurs de café nigérians rencontrent des difficultés pour tirer profit de la flambée des prix mondiaux, alors que la demande est en forte hausse et que les récoltes sont affectées par les mauvaises conditions climatiques au Brésil et au Vietnam, les deux plus grands producteurs de café au monde.
En 14 mois, le prix des grains d’arabica a atteint 3,66 dollars la livre, tandis que le robusta s’échange à 5 609 dollars la tonne, soit une hausse de près de 15 % depuis le début de l’année. Cependant, au Nigeria, un kilo d’arabica se vend entre 5 000 et 10 000 nairas, tandis que le robusta se négocie entre 3 000 et 5 000 nairas.
À titre de comparaison, les producteurs des pays voisins comme le Kenya, l’Éthiopie et le Rwanda obtiennent des prix bien supérieurs grâce à une meilleure structuration du secteur et un soutien gouvernemental efficace.
Selon Hassan Usman, président de l’Association nationale du café et du thé du Nigeria, le secteur est négligé par les autorités fédérales et locales, malgré son potentiel économique important.
Dans les années 1960 et 1970, le café, le coton et le cacao constituaient les principales sources de revenus étrangers du pays. Aujourd’hui, la production locale est en déclin constant. En 2023, le Nigeria n’a produit que 1 844 tonnes de café non torréfié, avec un rendement moyen de 500 kg par hectare, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Par contraste, l’Éthiopie a exporté 559 400 tonnes de café en 2024, générant 1,43 milliard de dollars, tandis que le Kenya a gagné 296,8 millions de dollars avec une production de 53 519 tonnes.
Le manque d’investissements dans le secteur entrave la compétitivité des producteurs nigérians. Adeyinka Tekenah, PDG de Happy Coffee, souligne que l’industrie n’a attiré aucun investissement significatif en dix ans et que les agriculteurs ne bénéficient d’aucune mesure incitative.
Par ailleurs, la qualité des grains constitue un frein aux ventes. Kayode Oluyole, directeur adjoint de l’Institut de recherche sur le cacao du Nigeria, explique que les mauvaises pratiques de récolte et de transformation réduisent la valeur marchande du café nigérian. Les baies ne sont pas toujours retirées immédiatement après la récolte, ce qui oblige les transformateurs à supporter des coûts supplémentaires pour le nettoyage, rendant le café nigérian moins compétitif.
Malgré ces défis, la consommation de café au Nigeria est en augmentation, notamment chez les jeunes, qui représentent 63 % de la population. Cependant, cette croissance ne profite pas aux producteurs locaux, car la demande est principalement couverte par des importations de café africain et de produits instantanés chinois.



























